Marseille : défections en série au Delta Festival après des accusations de violences sexuelles
Delta Festival : défections après accusations de violences sexuelles

Le Delta Festival, événement musical marseillais prévu fin août, connaît une série de défections après la publication d’une enquête de Mediapart accusant l’un de ses cofondateurs, Simon Vitas, de violences sexuelles. Selon les informations rapportées par Mediapart le 19 juillet, plusieurs femmes accusent Simon Vitas de faits de viols et d’agressions sexuelles. Le festival, qui devait se tenir du 28 au 30 août sur les plages du Prado, voit ses partenaires s’éloigner.

La mairie de Marseille se retire

La mairie de Marseille, dirigée par Benoît Payan (PS), a annoncé le 20 juillet qu’elle retirait son soutien au festival. Dans un communiqué, la ville indique : « Nous avons décidé de retirer notre partenariat avec le Delta Festival. Ces faits sont graves et incompatibles avec les valeurs de notre ville. » La région Provence-Alpes-Côte d’Azur, présidée par Renaud Muselier (LR), a également suspendu sa subvention. Le conseil régional précise avoir versé 50 000 euros au festival en 2024, mais que cette aide est désormais gelée.

Des sponsors et artistes prennent leurs distances

Plusieurs sponsors ont également annoncé leur retrait. La marque de bière Heineken, partenaire principal, a déclaré ne plus vouloir être associée à l’événement. Le groupe CMA CGM, fondé par Rodolphe Saadé, a également mis fin à son partenariat. Du côté des artistes, le rappeur marseillais Jul a annoncé qu’il ne se produirait pas au festival. Dans un message sur Instagram, il écrit : « Je ne peux pas participer à un événement où de telles choses sont reprochées. » Le groupe IAM a également annulé sa participation. Selon les organisateurs, environ 20 % des artistes programmés ont déjà annulé leur venue.

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Les organisateurs maintiennent le festival

Malgré ces défections, les organisateurs du Delta Festival affirment vouloir maintenir l’événement. Dans un communiqué, ils déclarent : « Le Delta Festival se tiendra comme prévu. Nous prenons ces accusations très au sérieux et avons mis en place des mesures pour garantir la sécurité de tous. » Simon Vitas, de son côté, conteste les accusations. Son avocat, Me François Saint-Pierre, a indiqué que son client « nie formellement les faits » et a porté plainte pour dénonciation calomnieuse. Le festival, qui a attiré 80 000 spectateurs en 2024, espère encore attirer du public malgré la polémique.

Un contexte de vigilance accrue

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de prise de conscience accrue des violences sexuelles dans le milieu culturel. Depuis le mouvement #MeToo, plusieurs festivals ont été confrontés à des scandales similaires. En 2023, le festival des Vieilles Charrues avait déjà dû faire face à des accusations contre un de ses programmateurs. Selon une étude du Haut Conseil à l’Égalité, 80 % des femmes travaillant dans le secteur musical déclarent avoir été victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles. L’affaire du Delta Festival relance le débat sur la responsabilité des organisateurs et des partenaires face à ces comportements.

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