Le comédien Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, a annoncé avoir déposé une plainte après avoir été victime d'un deepfake audio. Une imitation de sa voix, générée par intelligence artificielle, a été utilisée pour promouvoir un site de paris sportifs sans son consentement.
Une voix imitée pour une arnaque
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une voix ressemblant à celle de Denis Podalydès incitait les internautes à s'inscrire sur une plateforme de paris en ligne, promettant des gains faciles. Le comédien a rapidement démenti toute participation et a décidé de saisir la justice.
Selon son avocat, Me Sébastien Schrameck, cette affaire illustre les dangers croissants des deepfakes, qui permettent de créer des contenus frauduleux extrêmement réalistes. « Il s'agit d'une usurpation d'identité numérique, d'autant plus pernicieuse qu'elle utilise la voix d'une personnalité publique pour tromper les victimes », a-t-il déclaré.
Une plainte pour faux et usage de faux
La plainte a été déposée pour faux et usage de faux, ainsi que pour usurpation d'identité. Denis Podalydès souhaite que les auteurs de cette supercherie soient identifiés et punis. Il espère également sensibiliser le public aux risques liés à l'intelligence artificielle générative.
Cette affaire n'est pas isolée. En France, plusieurs personnalités ont déjà été ciblées par des deepfakes, notamment des politiques et des artistes. En 2024, une étude de l'Ifop révélait que 34% des Français avaient déjà été confrontés à un deepfake, qu'il s'agisse d'une vidéo, d'une photo ou d'un enregistrement audio.
Un cadre juridique en évolution
Face à la multiplication de ces fraudes, le législateur tente d'adapter le droit. La loi du 21 juin 2024 visant à sécuriser l'espace numérique a renforcé les sanctions contre l'usurpation d'identité en ligne, avec des peines pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende.
Cependant, les experts estiment que la lutte contre les deepfakes nécessite une coopération internationale et des investissements dans des outils de détection. « La technologie avance plus vite que la loi, et il faut que les plateformes jouent leur rôle en supprimant rapidement ces contenus », souligne Me Schrameck.
Denis Podalydès, de son côté, espère que sa démarche judiciaire servira d'exemple et incitera d'autres victimes à ne pas hésiter à porter plainte. « Il faut montrer que la justice peut agir, même dans un domaine aussi nouveau et complexe que celui des deepfakes », a-t-il confié.



