Les corps de cinq nourrissons ont été découverts jeudi 28 juillet dans un appartement d’Orange, dans le Vaucluse. Une femme âgée d’une quarantaine d’années, locataire du logement, a été interpellée et placée en garde à vue. Selon les premières informations, les bébés étaient conservés dans un congélateur, certains depuis plusieurs années.
Une découverte macabre lors d’un déménagement
Ce sont des proches venus aider la suspecte à déménager qui ont fait la macabre découverte. En ouvrant le congélateur, ils sont tombés sur les corps sans vie de cinq nourrissons, enveloppés dans des sacs plastique. Immédiatement, les secours ont été alertés. Les pompiers et les gendarmes se sont rendus sur place. Le parquet d’Avignon a ouvert une enquête pour « homicides volontaires sur mineurs de moins de 15 ans » et a confié les investigations à la section de recherches de la gendarmerie de Marseille.
La suspecte, décrite comme discrète par ses voisins, a été conduite en garde à vue. Elle n’avait jamais signalé de grossesse ni de naissance. L’autopsie des corps, réalisée à l’Institut médico-légal de Marseille, devra déterminer les causes exactes de la mort, l’âge des bébés et la date de leur décès. Selon une source proche de l’enquête, certains corps pourraient dater de plusieurs années.
« Je ne lui ai jamais vu un ventre de femme enceinte »
Dans le quartier résidentiel où les faits se sont produits, l’incompréhension domine. Les habitants, interrogés par la presse locale, peinent à réaliser. « C’est une femme très discrète, elle vivait seule avec son fils adolescent. Je ne lui ai jamais vu un ventre de femme enceinte, jamais », témoigne une voisine, les larmes aux yeux. Un autre riverain ajoute : « On se saluait, mais elle ne parlait jamais de sa vie privée. C’est un choc pour tout le monde. »
La police technique et scientifique a effectué des prélèvements dans l’appartement. Les enquêteurs cherchent à comprendre comment la femme a pu dissimuler ces grossesses et ces décès pendant des années, sans éveiller les soupçons. Les registres médicaux et les déclarations de naissance seront examinés.
Un mode opératoire qui interroge
Les enquêteurs privilégient l’hypothèse de nourrissons mort-nés ou décédés peu après la naissance, mais les investigations devront confirmer s’il s’agit d’infanticides ou de dissimulations de grossesse suivies de décès naturels. La garde à vue de la suspecte a été prolongée pour permettre les auditions. Les résultats des autopsies sont attendus sous 48 heures.
Cette affaire rappelle d’autres faits divers similaires en France, comme celui de la « mère infanticide » de Villiers-le-Bel en 2010, où une femme avait tué huit de ses nouveau-nés. Selon les statistiques, chaque année, une vingtaine d’infanticides sont recensés en France, mais les chiffres noirs seraient bien plus élevés. La découverte d’Orange, par son ampleur, suscite une vive émotion dans la région.
La mairie d’Orange a mis en place une cellule psychologique pour les proches de la suspecte et les voisins. Le maire, Jacques Bompard, a exprimé son « horreur » et sa « consternation » face à ce drame. « Nous sommes sous le choc, c’est un acte impensable dans une commune paisible », a-t-il déclaré.
L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de ces décès et les responsabilités pénales. La suspecte pourrait être mise en examen dans les prochains jours.



