Crèche illégale dans l'Essonne : deux assistantes jugées pour avoir caché 12 enfants
Crèche illégale dans l'Essonne : deux assistantes jugées

Deux assistantes maternelles comparaissaient, le 23 juillet 2026, devant le tribunal correctionnel d'Évry-Courcouronnes pour avoir caché douze enfants dans une voiture lors d'un contrôle inopiné dans une crèche illégale à Ris-Orangis, dans l'Essonne. Les faits, qui remontent au 15 mars 2026, ont été révélés par les services de la Protection maternelle et infantile (PMI) et la gendarmerie.

Un contrôle qui tourne au cauchemar

Ce jour-là, les agents de la PMI et les gendarmes se présentent au domicile d'une assistante maternelle agréée, soupçonnée d'accueillir plus d'enfants que le nombre autorisé. Sur place, ils découvrent une situation alarmante : douze enfants âgés de quelques mois à trois ans sont entassés dans une voiture garée dans le jardin, dissimulés sous des couvertures et des vêtements. Selon le procureur de la République, les deux assistantes ont reconnu avoir agi ainsi pour éviter que les enfants ne soient vus lors du contrôle.

« Elles savaient qu'elles étaient en infraction et ont tenté de dissimuler la réalité, a déclaré le procureur. C'est une situation intolérable qui met en danger la sécurité et la santé des enfants. » L'une des assistantes, âgée de 45 ans, était titulaire d'un agrément pour accueillir quatre enfants ; l'autre, âgée de 38 ans, n'avait aucun agrément. Elles sont poursuivies pour « exercice illégal de la profession d'assistante maternelle » et « mise en danger de la vie d'autrui ».

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Les conditions d'accueil dénoncées

Lors de l'audience, les enquêteurs ont décrit des conditions d'accueil indignes : les enfants étaient gardés dans une pièce exiguë, sans lit ni espace de jeu, et les repas étaient préparés dans une cuisine insalubre. « C'est un véritable trafic d'enfants qui se cachait derrière cette crèche clandestine », a dénoncé l'avocat des parties civiles, représentant les parents de trois enfants. Selon lui, les parents payaient 40 euros par jour par enfant, sans aucun contrat ni assurance.

Les deux assistantes, qui ont plaidé coupable, ont expliqué qu'elles agissaient ainsi pour « rendre service » à des parents en difficulté, mais le tribunal a relevé qu'elles en tiraient un bénéfice financier conséquent. « Vous avez mis en danger la vie de ces enfants pour de l'argent, et vous avez tenté de les cacher comme des marchandises », a lancé la présidente du tribunal.

Un phénomène préoccupant

Cette affaire met en lumière un phénomène croissant de crèches illégales dans la région. Selon la PMI de l'Essonne, le nombre de signalements a augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l'année précédente. « Les parents sont souvent désespérés par le manque de places en crèche et se tournent vers des solutions non déclarées, sans se rendre compte des risques », explique une responsable de la PMI.

Les peines requises par le parquet sont de six mois de prison avec sursis pour l'assistante sans agrément et de quatre mois avec sursis pour l'autre, ainsi qu'une interdiction d'exercer toute activité en lien avec des enfants pendant cinq ans. Le jugement a été mis en délibéré au 6 août 2026.

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