Corse : trois militants de Nazione mis en examen pour violences
Corse : trois militants Nazione mis en examen

Trois militants du parti indépendantiste corse Nazione, dont Pierre Paoli, présenté comme un ancien chef du Front de libération nationale corse (FLNC), ont été mis en examen à Ajaccio pour « violences aggravées ». L’information a été confirmée mercredi par le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe. Les faits reprochés remontent au 21 juillet dans « une brasserie de Sarrola-Carcopino », près d’Ajaccio.

Une victime grièvement blessée à l’œil

Selon le parquet, la victime a été « grièvement blessée à l’œil notamment avec une incapacité totale de travail importante ». Une source proche de l’enquête indique que « la victime pourrait perdre un œil » et évoque « 40 jours » d’incapacité totale de travail. Pierre Paoli, boxeur septuagénaire, et Sébastien Poilblan ont été placés en détention provisoire, tandis que Basile Paoli, fils du premier, a été placé sous contrôle judiciaire.

Pas de mobile politique pour l’instant

Dans un communiqué publié lundi, Nazione et l’association Sulidarita ont dénoncé des « perquisitions, portes défoncées, intervention à 6 heures du matin » et une présomption d’innocence « reléguée au second plan ». Les deux organisations estiment que l’État français recourt à « ce type de méthodes pour criminaliser celles et ceux qui résistent et défendent une revendication politique ».

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En réponse, le procureur a affirmé que, « à ce stade des investigations, aucun mobile politique en relation avec les personnes impliquées et leur appartenance au mouvement Nazione ne semble être à l’origine des mises en cause ». Mercredi, Sulidarita a demandé « la libération des militants incarcérés », estimant que « la détention provisoire ne doit pas devenir le prolongement d’une démonstration de force ».

Un contexte de tensions persistantes

Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions en Corse, où la question de l’autonomie et de l’amnistie des prisonniers politiques reste au cœur des débats. Les militants de Nazione, proches de la mouvance indépendantiste radicale, ont souvent été au centre de polémiques. L’incident de Sarrola-Carcopino, bien que présenté comme sans mobile politique par le parquet, relance les interrogations sur la violence latente dans certaines franges du mouvement.

Les avocats des mis en examen n’ont pas encore réagi publiquement, mais leurs proches dénoncent une « instrumentalisation judiciaire ». La détention provisoire de Pierre Paoli, figure historique du FLNC, suscite une vive émotion dans les milieux nationalistes. Des appels à manifester ont été lancés pour exiger sa libération, tandis que les autorités locales appellent au calme.

L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de l’agression et l’éventuel rôle de chacun. Les experts judiciaires devront notamment établir si les blessures à l’œil de la victime, potentiellement irréversibles, justifient une qualification plus lourde. En attendant, les trois hommes restent sous le coup de poursuites pénales, et la justice devra statuer sur le fond de l’affaire dans les prochains mois.

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