La collision entre associés divise la justice à Alès, dans le Gard. Le tribunal a renvoyé l'affaire, estimant que les faits demeurent flous malgré 90 jours d'interruption temporaire de travail (ITT). L'intentionnalité de l'accident reste au cœur de l'enquête judiciaire.
Un dossier complexe
Simon Lanes, président du tribunal d'Alès et président de l'audience, s'est montré circonspect à l'évocation du dossier, qui devait être jugé en procédure de comparution immédiate ce mercredi. Aurélien V., 46 ans, a-t-il volontairement percuté son associé devant un garage situé sur la rocade ? Ou s'agit-il d'un simple accident de la route ?
« Des investigations supplémentaires doivent être menées », a estimé le magistrat. « Les circonstances de la collision, avec la notion d'intentionnalité contestée, doivent être approfondies. Une qualification criminelle de ces faits est toujours possible. Des confrontations doivent être organisées ainsi que des expertises. »
Le président souhaite l'ouverture d'une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
Des positions divergentes
Le parquet, par la voix de la substitut Cindy Fernandez, assure que le dossier est en état d'être jugé : « L'interruption temporaire de travail est fixée à 90 jours. Toutes les investigations ont été menées sur le temps de l'enquête. L'information judiciaire ne devrait pas apporter de nouveaux éléments notables. »
Un point de vue partagé par l'avocat du prévenu, Me Karim Derbal. L'avocat l'assure : « Toutes les personnes qui devaient être auditionnées l'ont été. Le pronostic vital de la victime a été levé. On peut donc juger sereinement. »
La version du prévenu
Dans son box, le prévenu a été invité à s'exprimer. Il a déclaré : « Je veux juste que la vérité sorte. Je ne suis pas un assassin. Je suis arrivé trop vite, j'ai glissé, je l'ai percuté, mais c'est un accident. Il n'y a pas d'intention de faire mal. Je n'ai rien contre lui. »
Après en avoir délibéré, le tribunal a renvoyé l'affaire et demandé au parquet de redéfinir de possibles suites avec une ouverture d'information judiciaire ou des actes d'enquête supplémentaires.
Détention provisoire maintenue
Les débats se sont poursuivis avec l'évocation des mesures de sûreté concernant le prévenu. Le parquet a réclamé le maintien en détention provisoire, tandis que le conseil de la défense plaidait pour un placement sous contrôle judiciaire. Me Derbal a souligné « qu'il existe des solutions d'hébergement dans la famille. » Finalement, le tribunal a prononcé un placement en détention provisoire jusqu'à la convocation devant le juge d'instruction.



