La dette publique des États-Unis a atteint un niveau sans précédent, dépassant pour la première fois la barre des 40 000 milliards de dollars. Selon les données publiées par le Trésor américain, le montant total de la dette fédérale s'élevait à 40 005 milliards de dollars à la clôture des marchés, le 19 août 2026. Ce chiffre marque une augmentation de près de 1 000 milliards de dollars en seulement trois mois.
Un bond de 1 000 milliards en trois mois
Le précédent record, établi en mai 2026, était de 39 000 milliards de dollars. L'accélération de la hausse s'explique principalement par les dépenses liées aux programmes de relance économique et aux intérêts de la dette elle-même. Le Trésor américain précise que le coût du service de la dette a atteint 1 200 milliards de dollars sur l'exercice fiscal 2025-2026, soit une augmentation de 30 % par rapport à l'année précédente.
Cette progression rapide intervient dans un contexte de taux d'intérêt élevés maintenus par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour lutter contre l'inflation. Le taux directeur de la Fed, actuellement à 5,5 %, alourdit considérablement le coût de financement de la dette publique.
Des conséquences économiques et politiques
Ce franchissement de seuil historique suscite des débats au sein de la classe politique américaine. Les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, accusent l'administration Biden de ne pas maîtriser les dépenses publiques. Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, a déclaré : « Ce chiffre est une claque pour les contribuables américains. Nous devons impérativement réduire les dépenses fédérales et revenir à l'équilibre budgétaire. »
De son côté, la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a tenté de rassurer les marchés en affirmant que « la dette américaine reste soutenable, car les États-Unis bénéficient de la confiance des investisseurs mondiaux et d'une économie dynamique. » Elle a rappelé que le ratio dette/PIB, bien qu'en hausse, reste inférieur à celui de certains autres pays développés comme le Japon.
Un endettement qui pèse sur les générations futures
Plusieurs économistes s'inquiètent des conséquences à long terme de cet endettement massif. Selon une étude du Congressional Budget Office (CBO), le service de la dette pourrait devenir le premier poste de dépenses fédérales d'ici 2030, dépassant les dépenses de défense et de sécurité sociale. « Le risque est que les intérêts de la dette absorbent une part croissante du budget, réduisant la marge de manœuvre pour financer des investissements publics essentiels, comme les infrastructures ou l'éducation », explique Mark Zandi, économiste en chef chez Moody's Analytics.
Le débat sur le plafond de la dette, qui avait paralysé l'administration fédérale en 2023, pourrait resurgir dans les prochains mois. Le Congrès devra relever le plafond d'emprunt avant la fin de l'année 2026, sous peine de défaut de paiement de la part des États-Unis. Un scénario que les marchés financiers redoutent, mais que les élus républicains pourraient utiliser comme levier pour imposer des coupes budgétaires.
La dette publique américaine, qui représentait 100 % du PIB en 2023, devrait atteindre 110 % du PIB d'ici 2028 selon les projections du Fonds monétaire international (FMI). Ce niveau d'endettement, bien qu'élevé, reste inférieur à celui de la France (112 % du PIB) ou de l'Italie (140 % du PIB).



