Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Sofiane C., 33 ans, à cinq ans de prison ferme avec maintien en détention pour des violences conjugales d'une extrême intensité commises à Cannes. L'homme, multi-récidiviste avec 17 mentions à son casier judiciaire, avait roué de coups sa compagne à l'aide d'un marteau et d'une matraque télescopique, sur fond de consommation de crack.
Un martyre raconté par la victime
Les faits se sont déroulés le 17 juillet dernier. Hospitalisée avec de multiples fractures et traumatismes, la victime a décrit son calvaire : « Il me frappe souvent quand on est dans le lit. Il consomme de la cocaïne. Il m'a frappé les mains avec une matraque, cassé le bras à coups de marteau. » Elle a obtenu dix jours d'incapacité totale de travail (ITT). Selon l'avocat de la partie civile, « ce sont 10 coups de marteau exactement. Elle s'est vue mourir ! »
Le prévenu accable sa compagne
Lors de l'audience en comparution immédiate, Sofiane C. a tenté de justifier ses actes en accusant sa victime : « Elle était sous crack, il fallait que je l'empêche d'aller dans des squats pour consommer. C'est là que je l'ai récupérée. Elle avait caché de la coc' dans son soutif ! Je lui ai pris sa dose, elle est devenue agressive, a saisi une bouteille et un couteau. J'ai pris le marteau, je lui ai cassé le bras. »
Une vidéo humiliante envoyée à sa fille de 10 ans
La présidente du tribunal a relevé un épisode particulièrement choquant : l'envoi d'une vidéo dégradante montrant la victime assise sur une poubelle, en grande détresse, à destination de la fille de celle-ci, âgée de seulement 10 ans. « On vous entend même ricaner », a-t-elle souligné. Sans sourciller, le prévenu a répondu : « C'était pour la dissuader, pour qu'elle arrête. » La présidente a conclu : « Sûrement pas la bonne méthode. »
Les réquisitions et la défense
Le procureur de la République, Julien Pronier, a déploré un dossier « qui fait froid dans le dos », décrivant « une victime terrifiée, au visage tuméfié, avec un bras dans le plâtre, pour vouloir soi-disant lui faire prendre conscience de son addiction destructrice ». Il a requis cinq ans de prison avec maintien en détention. En défense, Me Catherine Dupain a plaidé : « On est dans un cas de dépendance massive d'une drogue extrême de la victime, alors qu'il a réussi à se détacher des stupéfiants et de l'alcool. »
Deux destins fracassés par la drogue
Le couple était en couple depuis janvier 2025. Le prévenu, poissonnier de profession, cumule 17 mentions à son casier judiciaire, souvent pour des délits liés à une violence impulsive. La victime, dont la santé est ravagée par le crack, se procurait régulièrement cette drogue dure. Le tribunal a suivi les réquisitions, condamnant Sofiane C. à cinq ans de prison ferme et ordonnant son maintien en détention.



