Chute d'un septuagénaire : six mois ferme requis puis prononcés
Chute d'un septuagénaire : six mois ferme requis

Le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, a condamné une femme de 53 ans à six mois de prison ferme et à deux amendes, jeudi 22 octobre. Cette Cévenole était jugée pour des violences ayant provoqué la chute grave d'un septuagénaire au Vigan, ainsi que pour des propos racistes et homophobes.

Une soirée d'août qui tourne mal

Les faits remontent au début du mois d'août, au Vigan. Après avoir rencontré un homme de 79 ans le 31 juillet, avec qui elle avait passé la soirée et qui lui avait donné un peu d'argent, la prévenue se retrouve de nouveau avec lui dans un bar le 3 août. À la sortie, elle lui redemande de l'argent, mais le septuagénaire refuse. Selon le récit du retraité, elle lui aurait alors porté un coup de pied au tibia, puis sorti de son sac « un objet brillant » qui lui a fait peur. En reculant, l'homme a trébuché et chuté lourdement sur le sol.

Les conséquences sont graves : traumatisme crânien et deux vertèbres fracturées, entraînant 60 jours d'interruption totale de travail (ITT). La quinquagénaire, qui comparaissait sous contrôle judiciaire, conteste ces faits. « Cette personne m'a fait des avances et il n'en était pas question », se défend-elle, affirmant ne pas avoir touché la partie civile.

Des propos racistes et homophobes en septembre

La prévenue était également poursuivie pour des insultes racistes et homophobes proférées mi-septembre, toujours au Vigan, en présence du personnel d'un organisme social. Elle a reconnu des « propos un peu violents », tout en estimant que « les gens rajoutent des choses ». Lors de l'audience, ses échanges avec les juges ont parfois viré au dialogue de sourds, la femme paraissant stressée et perdue.

La substitute du procureur de la République, Cindy Fernandez, a souligné que la prévenue avait déjà été condamnée à trois reprises pour des violences, notant « l'impression qu'il n'y a pas de prise de conscience ». Pour le ministère public, elle est à l'origine de la chute du vieil homme, même si « elle est dans le déni ». Des réquisitions de six mois de prison et de deux amendes de 300 € et 200 € ont été formulées.

La relaxe plaidée, la condamnation prononcée

Me Julie Peladan, avocate de la prévenue, a plaidé la relaxe pour les violences, évoquant « parole contre parole » et la possibilité que la blessure au genou de la victime provienne de sa chute. Elle a aussi suggéré que les 60 jours d'ITT pourraient résulter d'une chute après une soirée arrosée pour une personne âgée. Pour les autres infractions, elle a demandé au tribunal de « tenir compte de la situation sociale très précaire » de sa cliente.

Le tribunal a finalement condamné la femme à six mois de prison ferme, une peine potentiellement aménageable, ainsi qu'à deux amendes : une de 250 € à payer et une autre de 300 € avec sursis. La décision clôt ce dossier marqué par une personnalité qualifiée de « particulière » par la défense.