La colère gronde chez les cheminots des Arcs après le chaos ferroviaire du 19 juillet 2026. Ce jour-là, un incendie sur la commune de Taradeau, couplé à une canicule exceptionnelle, a paralysé le trafic entre Les Arcs-sur-Argens et Toulon, bloquant près de 1 200 voyageurs. Le syndicat CGT des cheminots des Arcs accuse la direction de la SNCF d'avoir sacrifié la sécurité sur l'autel des économies.
Un réquisitoire sévère de la CGT
Dans un communiqué au ton offensif, la CGT dénonce « des années d'économies qui auraient transformé un épisode climatique exceptionnel en crise ferroviaire ». Selon le syndicat, les réductions d'effectifs et la fermeture de gares ont fragilisé le réseau. « Personnes âgées, enfants, vacanciers, travailleurs : tous attendent pendant des heures dans des rames privées d’alimentation électrique et, par conséquent, de climatisation », témoigne un membre du syndicat.
Le train est devenu « un four pour les voyageurs », poursuit-il. « Si la situation n’a pas tourné au drame humain, c’est grâce aux agents présents sur le terrain. » Ces derniers ont organisé l'évacuation à pied, porté les bagages et accompagné les familles jusqu'à la gare de Carnoules, située à plusieurs centaines de mètres, en plein soleil et à travers des pistes envahies par la végétation.
Un incident grave passé sous silence ?
La CGT affirme qu'une déformation de la voie, provoquée par la chaleur, a été franchie par un TGV lancé à 150 km/h. « Seul le freinage d’urgence du conducteur a permis d’éviter un accident majeur », assure le syndicat. Pour la CGT, cette déformation n'est pas une fatalité mais la conséquence d'un manque d'entretien et de moyens. « Les Cheminots de l’Équipement n’ont reçu aucun appel de leur direction (UTM Nice Côte d’Azur), ni de l’Infrapôle Paca. La direction compte visiblement “remercier” ses agents en supprimant près de 40 postes à la voie sur la région Paca », dénonce-t-il.
La réponse de la SNCF
Contactée, la direction de la SNCF indique dans un communiqué que « les passagers du TGV n°6165 (Paris-Gare-de-Lyon > Nice) ont tous bénéficié d’une prise en charge et d’une solution de réacheminement adaptée à leur destination. Compte tenu des conditions météorologiques exceptionnelles et des très fortes chaleurs enregistrées ce dimanche 19 juillet, un dispositif exceptionnel a été déployé ». La SNCF précise que les voyageurs ont été ravitaillés en eau et, selon les situations, en plateaux-repas. Ils bénéficieront également du remboursement intégral de leur billet.
Concernant l'origine de l'incident, SNCF Réseau explique que la déformation de la voie 1 est liée aux fortes chaleurs, sans rapport avec l'incendie de Taradeau-Les Arcs, déclenché un peu plus tard dans la journée. Les travaux de réparation de la voie sont en cours depuis le 22 juillet et devraient prendre fin d'ici le 1er août.
Un sentiment de mépris persistant
Malgré ces explications, la CGT persiste et signe : « Les cheminots ont été abandonnés par leur direction. » Le syndicat déplore un « mépris total » et estime que la crise aurait pu être évitée avec des moyens humains et matériels suffisants. Alors que les braises de l'incendie sont éteintes, celles de la colère cheminote continuent de couver.



