Cendres jetées dans les WC : le tribunal relaxe la prévenue
Cendres dans les WC : relaxe pour violation de sépulture

Folle de rage après sa rupture, une quadragénaire a vidé les cendres du défunt frère de son ex-compagnon dans les toilettes. Jugée par le tribunal d'Amiens, elle a été condamnée pour dégradations matérielles mais relaxée pour violation de sépulture. Une décision fondée sur une subtilité juridique qui suscite l'incompréhension des proches.

Des faits survenus à Roye

Les faits se sont déroulés le 13 juin 2025, à Roye, dans la Somme. Furieuse contre son ex-compagnon après leur rupture, une femme de 48 ans a littéralement « dégoupillé ». Lors de cet excès de colère, elle s'en est d'abord prise aux biens matériels du logement, lacérant un canapé à coups de cutter et aspergeant des vêtements d'eau de Javel, selon La Dépêche. Mais ses agissements ont pris une tournure beaucoup plus grave sur le plan moral lorsqu'elle s'est emparée d'un médaillon appartenant à son ex-conjoint. Cet objet personnel contenait les cendres du frère de ce dernier. Dans sa rage, la quadragénaire en a vidé le contenu directement dans les toilettes.

Condamnée pour le canapé, relaxée pour les cendres

Absente à l'audience ce mardi 26 mai devant le tribunal d'Amiens, la prévenue était représentée par son avocat, Me Alexandre Coutel. Le tribunal l'a condamnée à une peine de 300 euros d'amende, ainsi qu'au versement de dommages et intérêts pour les seules dégradations du mobilier et des vêtements, selon Courrier Picard. En revanche, à la grande surprise de la famille, elle a été relaxée pour les faits de « violation de sépulture, urne, tombeau ou monument édifié à la mémoire des morts ».

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« Un médaillon n'est pas une urne »

Pour justifier cette sentence face à la douleur et au choc de la mère du défunt, la présidente du tribunal a invoqué les limites de la législation : « La loi française ne prévoit pas de pouvoir partager des cendres. Un médaillon n'est pas une urne », a-t-elle argumenté. La magistrate a néanmoins reconnu la violence symbolique de cet acte de vengeance, tout en renvoyant la famille vers d'autres recours : « Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu un manque de respect à la mémoire de votre fils, mais c'est une responsabilité civile qu'il faut aller chercher, et non pénale. »

Cette décision laisse la famille sidérée, qui espérait une condamnation pénale pour cet acte jugé sacrilège. Le parquet n'a pas encore indiqué s'il ferait appel.

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