Près de cinq mois après son arrestation au Portugal, Cédric Prizzon, qui a reconnu avoir tué sa compagne et son ex-conjointe, doit bénéficier de la protection consulaire française. Cette protection, accordée à tout ressortissant français détenu à l'étranger qui en fait la demande, vise à vérifier ses conditions de détention et à faciliter ses démarches, sans toutefois intervenir dans la procédure judiciaire en cours.
Une première visite consulaire imminente
Selon des sources diplomatiques citées par La Dépêche du Midi, l'ancien policier de 42 ans devrait prochainement recevoir une première visite consulaire française. "La protection consulaire sera exercée à l'égard de Cédric Prizzon comme pour tout ressortissant français détenu à l'étranger qui en fait la demande", ont précisé ces mêmes sources. Cette visite permettra de s'assurer que ses droits fondamentaux sont respectés et de l'accompagner dans ses démarches administratives.
Une extradition toujours incertaine
L'extradition de Cédric Prizzon vers la France reste toutefois incertaine. Le 25 mars dernier, les autorités françaises ont délivré un mandat d'arrêt européen à son encontre, mais celui-ci ne porte que sur les faits d'enlèvement et de séquestration. Or, les autorités portugaises, qui enquêtent sur le double meurtre et la profanation des corps, ont refusé son extradition le 8 mai dernier. Le Portugal estime que le procès doit se tenir sur son territoire, où les corps de sa compagne et ex-conjointe ont été retrouvés.
Où sera-t-il jugé ?
La question du lieu du procès reste donc en suspens. Pour les autorités portugaises, c'est à elles de juger l'ancien policier, car les crimes ont été commis sur leur sol. Cependant, la date et le lieu exacts des décès restent à établir. Une juge française poursuit parallèlement l'enquête pour enlèvement et séquestration, ce qui pourrait compliquer la situation juridique.
Un double féminicide reconnu
Cédric Prizzon a reconnu avoir tué sa compagne, Angela Legobien, et son ex-conjointe, Audrey Cavalié. Il avait été interpellé le 24 mars à Mêda, cinq jours après l'enlèvement de ces dernières en Aveyron. Détenu provisoirement et assisté par un avocat commis d'office, l'ancien policier pourrait être jugé au Portugal, où il risque jusqu'à 25 ans de prison.
Des réactions contrastées
Cette situation suscite des réactions contrastées. La mère d'une des victimes demande que Cédric Prizzon soit jugé en France, invoquant le "bon sens juridique". De son côté, le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a alerté sur la menace masculiniste après ce double féminicide et a demandé l'intervention du parquet antiterroriste. Ces prises de position montrent l'importance de l'issue de cette affaire pour la justice française.



