L'expertise psychiatrique de Cédric Jubillar, réalisée dans le cadre de l'enquête sur la disparition de son épouse Delphine, dresse un portrait saisissant de l'accusé. Selon le rapport, l'homme de 35 ans impose sa propre temporalité au mépris des besoins de sa famille, un trait qui illustre son fonctionnement psychologique rigide et égocentrique.
Un fonctionnement psychologique rigide
Les experts mandatés par le juge d'instruction ont passé plusieurs heures avec Cédric Jubillar. Leurs conclusions, révélées par Le Point, indiquent que l'accusé présente une « personnalité narcissique » avec des traits « paranoïaques ». Il aurait tendance à « imposer sa temporalité » sans tenir compte des rythmes et des besoins des autres membres de la famille, notamment de ses enfants.
Cette rigidité temporelle se manifeste dans la vie quotidienne : Cédric Jubillar exigeait que tout se déroule selon son emploi du temps, sans flexibilité. Les experts soulignent que ce comportement a pu générer des tensions au sein du couple et contribuer à un climat familial tendu.
Un égocentrisme marqué
L'expertise met en lumière un « égocentrisme important » chez Cédric Jubillar. Il aurait du mal à se mettre à la place des autres et à comprendre leurs émotions. Ce trait de caractère pourrait expliquer, selon les psychiatres, son attitude lors des auditions et son absence apparente d'émotion face à la disparition de sa femme.
« Il semble plus préoccupé par sa propre situation que par celle de ses enfants », note le rapport. Les experts ajoutent que cette focalisation sur lui-même a pu influencer son comportement après la disparition de Delphine, notamment en ne participant pas activement aux recherches.
Des tensions familiales exacerbées
L'expertise révèle également que le fonctionnement de Cédric Jubillar a exacerbé les tensions avec sa belle-famille. Selon les psychiatres, il aurait imposé ses règles et ses horaires, créant un fossé avec les proches de Delphine. Ce conflit aurait perduré après la disparition, compliquant les relations entre les différentes parties.
Les experts concluent que Cédric Jubillar « n'a pas conscience de l'impact de son comportement sur son entourage ». Cette absence de remise en question est considérée comme un facteur aggravant dans l'évaluation de sa dangerosité potentielle.
Des implications pour le procès
Cette expertise psychiatrique pourrait avoir un poids important lors du procès de Cédric Jubillar, prévu pour 2025. La défense pourrait contester ces conclusions, mais les éléments apportés par les experts renforcent l'idée d'un homme au fonctionnement psychologique particulier.
L'avocat de la famille de Delphine Jubillar a déclaré : « Cette expertise confirme ce que nous pressentions : Cédric Jubillar est un homme qui ne pense qu'à lui, incapable de prendre en compte les besoins des autres. C'est une pièce maîtresse du dossier. »
L'affaire Jubillar continue de susciter un vif intérêt médiatique et public. La disparition de Delphine, mère de deux enfants, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn), n'a toujours pas été élucidée. Cédric Jubillar, mis en examen pour meurtre sur conjoint, clame son innocence.



