À Cannes, la décision de la municipalité de retirer les bancs de la place du Marché à La Bocca suscite une vive opposition politique. Après les réactions d'internautes et d'habitants, les opposants au maire David Lisnard, de gauche comme de droite, dénoncent une mesure qu'ils jugent « absurde », « inique » et « contre-productive ».
Une décision temporaire critiquée
La municipalité justifie ce retrait « temporaire » par deux rixes violentes survenues les 11 et 12 juillet 2026, ainsi que par les plaintes de commerçants et riverains contre des regroupements nocturnes gênants. Cependant, pour l'opposition, la forme et le fond de cette action sont contestables.
Dominique Henrot, leader du Parti communiste à Cannes, déclare : « Cette décision prise sans concertation réelle avec les riverains est incompréhensible et contre-productive. Ce ne sont pas les bancs qui sont responsables des affrontements… en les retirant, le maire ne règle rien : il prive simplement les habitants d’un espace de repos et de convivialité. » Il ajoute : « À quand le barreaudage autour de la place du Marché, et pourquoi pas la clôture barbelée ? L’espace public appartient à tous, il ne doit pas être vidé de ses équipements collectifs parce qu’une minorité commet des violences. La bonne réponse est la présence humaine renforcée, des moyens pour la prévention, l’éducation, la médiation et la sécurité. »
« Le syndrome de la punition collective »
Michel Hugues, seul élu de gauche au conseil municipal, qualifie la mesure de « réaction épidermique du maire. Il est possible de s’interroger sur sa capacité à répondre à une situation particulière sans tomber dans le syndrome de la punition collective. Une telle attitude dispense d’un vrai travail de fond tout en fracturant un peu plus la population. » Il dénonce également la raréfaction des bancs publics en ville, parlant « en pleine chaleur, d'une véritable absence d'humanité », et juge l'enlèvement des bancs « inique, injuste et partial. C’est une vraie stratégie d’extrême droite. »
De manière surprenante, l'opposition de droite partage cette critique. Lucas Mussio, conseiller municipal RN, compare la décision à « un médecin qui croit trouver la solution miracle en amputant pour des fourmillements aux jambes. C’est assez étonnant de la part de David Lisnard, candidat à l’élection présidentielle qui se présente comme penseur "outside the box" de solutions créatives et modernes, alors que là, il sanctionne tout le monde et ça n’empêche pas de nouvelles rixes. » Il estime que « la Bocca a surtout besoin de davantage de policiers, alors qu’ils sont massivement dirigés sur la Croisette », une affirmation contredite par un renforcement de la police municipale le week-end suivant.



