Brendan Fraser incarne Eisenhower dans Pressure, en salles mercredi
Brendan Fraser est Eisenhower dans Pressure, en salles mercredi

Brendan Fraser, oscarisé pour « The Whale », incarne le général Dwight D. Eisenhower dans « Pressure », un film de guerre qui sort ce mercredi 9 septembre dans toutes les salles de cinéma. Le long métrage, réalisé par Anthony Maras, revient sur la décision météorologique qui a conduit au report du Débarquement de Normandie au 6 juin 1944. Le film a reçu la note de 3/5 de la part de la rédaction.

Une décision historique sous pression

Trois jours avant le Jour J, une seule décision peut changer le cours de l’Histoire. Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l’opération. Le général Eisenhower (Brendan Fraser) et le capitaine James Stagg (Andrew Scott), météorologue, font face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude ou risquer de perdre la guerre.

Adapté d’une pièce de théâtre, « Pressure » permet à Anthony Maras de revenir sur la décision météorologique qui a changé la date du débarquement de Normandie, en 1944. Le film met en scène l’affrontement verbal de deux météorologues aux méthodes totalement opposées. D’un côté, le Britannique James Stagg, rigoureux, s’appuie sur une analyse en temps réel des anticyclones et des dépressions de l’Atlantique. De l’autre, l’Américain Irving P. Krick préfère se baser sur l’analogie historique pour maintenir l’attaque. Andrew Scott (1917, Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés) et Chris Messina (Le Croque-mitaine, la série Based on a True Story) brillent dans ces deux rôles, au sein d’une mise en scène rigoureuse.

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Brendan Fraser face à la complexité d’Eisenhower

Dans « Pressure », Eisenhower apparaît comme un personnage rongé par la culpabilité et, comme l’indique le titre, sur qui repose une immense pression. Interrogé sur la complexité de ce personnage, Brendan Fraser explique : « On oublie parfois qu’Eisenhower était un soldat qui, avant de diriger cette opération, n’avait jamais tiré un seul coup de feu au combat. Il était à la fois un militaire de carrière, un diplomate et une figure paternaliste. » Il ajoute : « Il portait un poids colossal : la responsabilité de milliers de vies humaines et le souvenir d’accidents dramatiques survenus durant les entraînements, comme à Slapton Sands. C’était un homme pétri de devoirs, mais aussi assailli par le doute et le sentiment de culpabilité face à la mort. »

Le comédien revient également sur le caractère volcanique du général : « Il pouvait exploser, mais ce n’était jamais gratuit. C’était un homme direct et droit. Il avait une autorité naturelle, un charisme magnétique et une vraie profondeur, qui assumait ses responsabilités même en cas d’échec. » Il précise qu’Eisenhower avait préparé deux lettres pour le Débarquement : une en cas de succès et une autre en cas d’échec où il prenait toute la faute sur lui. « Il avait aussi cette humilité de comprendre que face aux éléments et à la météo, l’humain reste petit », ajoute-t-il.

La perception d’Eisenhower et la préparation physique

Interrogé sur la perception actuelle de la figure d’Eisenhower, Brendan Fraser note : « Sa perception s’est brouillée plus tard avec sa présidence dans les années 1950, la guerre froide et les tensions liées à la prolifération nucléaire. Mais l’homme de 1944 était avant tout le commandant suprême des forces alliées, celui sur qui reposait la décision ultime de dire “oui” ou “non”. » Il ajoute : « Il avait une vision stratégique globale et, selon moi, cherchait même à respecter l’ennemi qu’il affrontait pour reconstruire un ordre pacifique plutôt que de simplement tout détruire. »

Sur le plan physique, l’acteur explique : « Je me suis rasé la tête et j’ai travaillé la posture. Je suis un peu plus grand qu’il ne l’était, mais le costume militaire en impose et fait déjà une partie du travail. » Il souligne que « le pouvoir d’un personnage ne vient pas seulement de l’acteur qui le joue, mais de la manière dont les comédiens autour interagissent avec lui », et se dit chanceux d’avoir été entouré d’une troupe d’acteurs britanniques exceptionnels.

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Un film instructif mais théâtral

Le film, d’une durée de 1h40, est une coproduction Grande-Bretagne/France. Il met également en scène Kerry Condon. La décision de reporter d’un jour l’opération, au 6 juin, a permis de sauver des milliers de vies. Selon la critique, la proposition « vaut essentiellement pour son côté instructif, mais peine toutefois à élever le débat au rang philosophique et à dépasser le cadre théâtral ». Le réalisateur a intégré des images d’archives restaurées pour élever la dimension cinématographique du récit. Brendan Fraser, qui a commencé à tourner « La Momie 4 » à Londres, est à l’affiche de « Pressure » avant ce nouveau projet.