Dominique Delattre, 65 ans, braqueur professionnel arrêté fin juin 2026 en Espagne après vingt-six ans de cavale, a plaidé ce mardi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier pour obtenir sa libération. Il avait été condamné par contumace à vingt ans de réclusion pour l'attaque ultraviolente d'un fourgon de la Brinks à Vendargues (Hérault) le 3 octobre 1997.
Un parcours criminel marqué par la violence
L'attaque à main armée avait été d'une rare violence : huit tirs ont été recensés sur les convoyeurs de fonds. L'un d'eux a été sérieusement blessé, et une munition a été retrouvée dans l'étui de la sacoche d'un convoyeur. L'un des trois gangsters a été retrouvé mort après un accident lors de sa fuite, la cour d'appel évoquant « un cadavre en état de décomposition ».
Le président de la chambre a qualifié Delattre de « braqueur professionnel », notant qu'il avait déjà été condamné à deux reprises par les assises pour des braquages commis alors qu'il était mineur. Il avait profité d'une permission de sortie pour voir sa concubine à Alès, sans réintégrer la prison, avant de participer à l'attaque du fourgon Brinks et de se réfugier en Espagne.
Vingt-six ans de cavale et de souffrance
Interrogé par le président sur ses regrets, Delattre a déclaré : « Je regrette bien sûr, partir en cavale, ce n’est pas une vie, je peux plus le refaire, je ne suis plus l’homme que l’on a connu. » Il a ajouté : « Je l’ai cherché, mais ça a été vingt-six ans de souffrance psychologiques… Je voudrais travailler et revoir ma famille, ça fait vingt-six ans que je la vois plus. »
Le président lui a rappelé : « Mais c’est vous qui êtes parti ! » Delattre a répondu : « Oui c’est vrai. » Interrogé sur son travail en Espagne, il a indiqué avoir exercé divers petits métiers : « Je travaillais un peu de tout, dans les champs, comme distributeur de sandwichs, serveur aussi, oui. » Il a également précisé ne pas s'être remarié, mais avoir « comme une famille mais pas de sang ».
La procédure judiciaire en cours
Delattre a été repéré et arrêté quatre mois avant la prescription de son affaire, grâce à la ligne téléphonique d'un proche. Il doit désormais être rejugé par la cour d'assises de l'Hérault. Son avocat, Me Jean-Charles Teissedre, a plaidé la nullité de la procédure, qu'il juge « illégale », et demande un contrôle judiciaire : « qu’au moins on le laisse comparaître libre sur des faits aussi anciens ! »
L'avocate générale s'est opposée fermement à toute libération, avertissant : « Rien ne nous dit qu’il ne partira pas une nouvelle fois ! » La décision de la cour d'appel sera rendue ce jeudi 23 juillet.



