Braquage d'un youtubeur à Vallauris : peines jusqu'à 6 ans de prison
Braquage youtubeur Vallauris : jusqu'à 6 ans de prison

Le tribunal correctionnel de Grasse a condamné ce mercredi 23 juillet 2026 cinq personnes, dont une femme, pour une série de cambriolages de villas de luxe entre Cannes et Vallauris, survenus en mai et juin derniers. Le butin total est estimé à plus d'un million d'euros, comprenant sacs, bagues et accessoires de luxe. L'affaire a pris une ampleur médiatique particulière car l'une des victimes est le youtubeur britannique Ben Phillips, suivi par 4,5 millions d'abonnés, qui s'est fait dérober des objets de valeur deux jours seulement après son arrivée dans une villa d'exception à Vallauris.

Une enquête tentaculaire

La présidente du tribunal, Pascale Cina, a retracé les méandres d'une enquête policière qualifiée de « tentaculaire » par les avocats de la défense, avec « six tomes » de procédure et onze victimes. Les investigations ont mobilisé la Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI) et la Division de la Criminalité Territoriale (DCT), déjà sur la piste d'un groupe suspecté de deux autres vols avec effraction à Cannes. Parmi les prévenus, un homme de 34 ans est poursuivi pour recel après avoir été interpellé chez un bijoutier où il faisait évaluer des objets dérobés.

Des preuves accablantes

Le procureur de la République, Éric Camous, a souligné le faisceau d'indices accablant : preuves ADN retrouvées sur un morceau de gant arraché par une victime, géolocalisation téléphonique concordante, véhicules repérés à proximité des lieux des cambriolages. Interrogés, certains prévenus ont reconnu leur présence sur les lieux mais ont refusé de donner les noms de leurs complices. « Je ne veux pas dire son prénom », a déclaré l'un d'eux, provoquant la réaction agacée de la présidente : « Alors dites son nom ! »

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Des peines de 6 mois à 6 ans de prison

Le ministère public a requis des peines allant de 3 à 7 ans de prison ferme. La défense, menée par Mes Mathurin Lauze, Sophie Rebaudengo, Mouna Jemali et Kada Sadouni, a contesté ces réquisitions, arguant que le dossier ne reposait que sur des suppositions et appelant à prendre en compte les parcours de vie cabossés des prévenus. Après un délibéré rendu vers deux heures du matin, le tribunal a prononcé des condamnations allant de 6 mois sous bracelet électronique jusqu'à 6 ans de prison ferme avec maintien en détention. « L'atteinte aux biens est une récurrence dans notre département », a constaté le procureur, y voyant la conséquence d'un phénomène de société où « la réussite sociale se mesure à ce que l'on possède ».

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