Le rappeur parisien Boro700 a publié le 7 juillet un morceau intitulé M*R*H, en référence au terroriste Mohammed Merah, qui frôle le million d'écoutes sur Spotify. Le texte ultra-provocateur multiplie les références aux attentats terroristes islamistes en France, tout en insultant Christian Estrosi et Éric Ciotti. Ce dernier a saisi le procureur de la République et a écrit au ministre de l'Intérieur.
Un texte aux références troubles
Le morceau, qui cumulait ce mercredi 5 août quelque 920 000 écoutes sur Spotify, contient des paroles comme : « Bataclan, faisez les morts, allongez-vous, je vais en shooter à l'œil. J'baise la femme à Estrosi et Ciotti, allumez sept terrasses, on est dans les tranchées. » Le rappeur, qui compte 213 651 auditeurs mensuels sur la plateforme, y fait également référence à Salah Abdeslam, impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015, et à Adolf Hitler.
Dans un texte décousu, Boro700 enchaîne les provocations : « À la Mohammed Merah, esquive les caméras. Bataclan, je l'ai shooté à l'œil, chasse à l'homme, Salah Abdeslam. » Il poursuit avec des insultes à l'encontre d'Éric Ciotti et Christian Estrosi, ainsi que des propos à caractère sexuel d'une extrême vulgarité.
La réaction d'Éric Ciotti
Éric Ciotti, maire de Nice, a adressé deux courriers datés du 3 août, l'un au procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, et l'autre au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Il y dénonce des propos qui « banalisent la violence terroriste et criminelle, portent une atteinte insupportable à la mémoire des victimes et contribuent à diffuser une culture de la haine incompatible avec les valeurs de la République ».
Le maire souligne la résonance particulière de ce texte à Nice, ville meurtrie par l'attentat du 14 juillet 2016, dont le dixième anniversaire a été commémoré il y a quelques semaines. « Comme toutes les villes et tous les Français frappés par le terrorisme, nous savons le prix de ces tragédies. Pour les familles des victimes, les blessés et l'ensemble de ceux qui demeurent marqués par ces attentats, de tels propos constituent une blessure supplémentaire », ajoute-t-il.
Des poursuites pénales envisagées
Éric Ciotti demande au procureur de Nice d'apprécier « les qualifications pénales susceptibles d'être retenues et les suites qu'il conviendra d'engager ». Il dénonce également l'instrumentalisation de ses proches et de ceux de Christian Estrosi : « Cette instrumentalisation de nos proches, au moyen de propos à caractère sexuel d'une extrême vulgarité dont je m'abstiendrai de reproduire la teneur, révèle une volonté manifeste d'intimider les responsables publics jusque dans leur sphère la plus privée. »
Le rappeur, qui se dit sans peur, chante notamment : « J'ai pas peur, j'ai pas peur de l'enfer, le pacte est intact, à part Allah qui peut m'arrêter. » Ou encore : « Gros, entre Satan et moi, connexion électrique. » Des propos qui pourraient relever de l'apologie du terrorisme, un délit puni de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros d'amende.



