Depuis le 1er août, une campagne d'hameçonnage d'une redoutable efficacité circule par courriel. Les escrocs prétendent que la victime a souscrit à un abonnement coûteux, puis lui demandent de fournir ses informations bancaires pour résilier avant le premier débit. Signalée plus de 170 fois en seulement trois heures sur la plateforme Signal Arnaques, cette fraude aurait déjà fait plusieurs dizaines de milliers de victimes, selon les premières estimations.
Une usurpation d'identité crédible
Pour rendre leurs messages crédibles, les cybercriminels se font passer pour le service Cellcast Vidéos, une plateforme inexistante, mais dont le nom a été utilisé par de véritables sociétés médiatiques australiennes et britanniques, comme le rapporte TF1 Info. Les courriels intègrent des informations précises : nom, prénom, adresse réelle et même IBAN du destinataire. Cette personnalisation renforce la confusion et incite les victimes à croire à la réalité de la souscription.
Un sentiment d'urgence soigneusement orchestré
Le message annonce un débit imminent de 49,99 euros pour l'offre « Vidéos + Family ». Il propose ensuite un lien pour suspendre ou résilier l'abonnement avant le prélèvement. Ce lien mène vers une fausse plateforme qui promet l'annulation et le remboursement. Pour cela, l'utilisateur doit saisir des données personnelles sensibles, notamment ses coordonnées bancaires complètes.
Il s'agit évidemment d'un piège. En fournissant ces informations, les victimes donnent aux escrocs les moyens de ponctionner leurs comptes. Les experts rappellent qu'aucun fournisseur légitime ne demande des données de carte bancaire pour résilier un abonnement. En cas de doute, il est recommandé de se rendre directement sur le site officiel de l'entreprise concernée, sans cliquer sur le lien du mail, ou de contacter sa banque.
Une enquête sur l'origine des données
Les victimes sont invitées à faire opposition auprès de leur banque dans les plus brefs délais. Parallèlement, les autorités enquêtent pour déterminer comment les escrocs ont obtenu les IBAN d'autant de personnes. Une piste privilégiée : les violations de données subies par les opérateurs Free et Bouygues Télécom, qui ont exposé les informations personnelles de millions de clients. Il est à noter que la divulgation d'un IBAN seul ne permet pas de débiter un compte, mais elle peut être combinée à d'autres données pour des fraudes plus élaborées.



