Ancien videur du Rockstore condamné à 3 ans pour agressions sexuelles
Ancien videur du Rockstore condamné à 3 ans pour agressions

Un ancien videur du Rockstore, établissement de nuit emblématique de Montpellier, a été condamné à trois ans de prison par le tribunal correctionnel de Montpellier pour des agressions sexuelles commises entre le 1er juin 2017 et le 6 novembre 2021. L'homme, âgé de 44 ans, de nationalité franco-algérienne, a nié les faits tout au long de l'enquête et lors de son procès.

Des témoignages accablants sur Instagram

L'affaire a éclaté en novembre 2021, lorsque plusieurs jeunes femmes se sont manifestées sur une page Instagram intitulée "Balance ton bar". Sur une centaine de témoignages recueillis, au moins une dizaine pointait du doigt ce videur, qui assurait la sécurité du Rockstore depuis plusieurs années. Les victimes décrivaient un mode opératoire similaire : le videur profitait de son statut pour isoler les femmes dans une salle fermée à clé, où il tentait de les embrasser et les touchait à la poitrine et aux fesses.

Sarah (prénom d'emprunt), âgée de 26 ans à l'époque, a raconté : "Une amie vient me voir en me disant que ce videur me cherchait. Je vais le voir et, directement il me dit : 'Tu rentres !' Il m'emmène derrière une porte. Tu n'as pas le temps de te poser de questions. C'est la sécurité, tu fais profil bas. Tu ne veux pas avoir de problèmes. Rapidement, il s'avance vers moi pour m'embrasser. Je recule. Je dis non. Je panique. Je suis seule avec une armoire à glace qui essaie de m'embrasser et je ne peux pas partir car la porte est fermée à clé. Au bout de la quatrième tentative, il me tient le corps et la tête et m'embrasse."

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Des preuves accablantes malgré l'absence de vidéos

Maître Luc Abratkiewicz, avocat des parties civiles, a souligné la force des témoignages : "Sauf que malgré l'absence de vidéos, les preuves étaient accablantes. L'époque du 'c'est sa parole contre la mienne' est révolue. Là, les victimes, qui ne se connaissaient pas, avaient déposé plainte à des périodes différentes contre le même videur et décrivaient le même mode opératoire. Ça fait beaucoup quand même !"

Mathis Bollon, élève avocat du cabinet Abratkiewicz, a insisté sur la similitude des récits : "Elles ont toutes reconnu en garde à vue qu'il cherchait à les isoler, à trouver un prétexte pour les emmener dans une salle à part pour les embrasser et commettre des agressions sexuelles. En l'espèce, procéder à des caresses sur leur poitrine ou sur leurs fesses."

Des répercussions psychologiques lourdes

Les victimes ont décrit à la barre leurs angoisses, leur sentiment d'insécurité et d'hypervigilance depuis les faits. Ce type d'agressions sexuelles en boîte de nuit est malheureusement trop courant, selon les avocats. Le videur, qui n'a pas reconnu les faits, a été condamné à trois ans de prison. L'affaire illustre la difficulté de prouver ces agressions en l'absence de preuves vidéo, mais la convergence des témoignages a permis d'établir sa culpabilité.

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