Amputation après un accident de chantier à Beaucaire : trois prévenus jugés
Amputation après accident de chantier : trois prévenus jugés

Un accident de chantier a bouleversé la vie d’Ismaïl, un jeune ouvrier de 19 ans, qui a dû subir l’amputation de sa jambe après un drame survenu à Beaucaire. Trois prévenus, dont une société, comparaissent pour blessures involontaires. Le procès, qui se tient ce mardi 16 juin 2026, interroge les règles de sécurité sur les chantiers du bâtiment. Une des avocates de la victime a dénoncé « le manque d’humanité » des prévenus.

Le déroulement du drame

Le malheur s’est abattu sur Ismaïl le 1er décembre 2022 alors qu’il travaillait dans une tranchée sur un chantier à Beaucaire. Le conducteur d’une pelle mécanique a accidentellement abaissé une manette, provoquant la chute de l’outil sur la jambe du jeune ouvrier. Sa jambe a été broyée et n’a pas pu être sauvée, entraînant une amputation. Ce drame a plongé Ismaïl dans une longue descente aux enfers, marquée par des tentatives de suicide et une dépression profonde.

Les circonstances de l’accident

L’origine de la chute du bras de la pelle mécanique ? Le chef de chantier est venu dire bonjour en serrant la main au conducteur de l’engin. En lui serrant la main, la manette de commande s’est abaissée, provoquant la chute du bras. La présidente du tribunal correctionnel, Anne-Carine David, a demandé au conducteur s’il avait vu venir le chef de chantier. Le chauffeur a assuré qu’il n’avait pas donné l’autorisation de pénétrer dans la zone de manœuvre. Il a expliqué qu’il était focalisé sur sa manœuvre et que le chef de chantier était soudainement apparu sur la droite, tendant la main à travers la cabine, provoquant la chute.

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Les règles de sécurité en question

La présidente a interrogé les prévenus sur le respect des protocoles de sécurité. Le conducteur a affirmé qu’il n’avait pas autorisé le chef de chantier à entrer dans le périmètre de travail de la pelle mécanique. L’ingénieur représentant la société, dont le casier judiciaire comporte plusieurs condamnations pour des accidents de chantier et des amendes allant de 40 000 à 300 000 euros, a estimé que le conducteur aurait dû activer la sécurité de la pelle mécanique, une sorte de frein à main situé à gauche des commandes.

Les témoignages des avocats

Me Camille Maury, avocate d’Ismaïl, a déclaré : « S’il y avait eu une organisation de la sécurité, l’accident aurait pu être évité. Sur ce chantier, on ne sait pas qui fait quoi. Il n’y a personne pour encadrer l’équipe. » Elle a également évoqué les conséquences dramatiques pour le jeune homme : « Au début, il avait envie de se battre, ensuite cela a été dur, il a fait une tentative de suicide, il a été hospitalisé en psychiatrie. »

Me Laurence Jacques-Ferri, avocate de l’ex-compagne d’Ismaïl, a regretté « le manque d’humanité des prévenus, pour eux, le débat est seulement financier ». Elle a ajouté que l’ex-compagne avait aidé et assisté le jeune homme lors de son hospitalisation, et que leur vie à tous les deux avait basculé.

Le rôle de l’inspection du travail

La représentante de l’inspection du travail, présente à l’audience, a souligné des problèmes d’organisation sur les règles de sécurité, notamment l’absence de balisage interdisant l’entrée dans la zone de circulation des engins. « Personne ne doit entrer dans une zone où un engin est présent, il n’y avait aucune interdiction d’entrer dans la zone, aucun balisage. Je ne vois pas pourquoi il n’y avait pas de balisage », a-t-elle déclaré.

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