Un cyberactiviste tunisien, Amine S., mis en cause dans l'affaire de la tête de cochon déposée au domicile de Christian Estrosi, affirme qu'un marché public de 2 millions d'euros lui avait été promis en contrepartie de son intervention au sein d'une équipe occulte de campagne. Christian Estrosi dément fermement ces accusations et a déposé une plainte en dénonciation calomnieuse.
Des versions concordantes sur le budget publicitaire
Selon les informations recueillies, un budget de 50 000 euros aurait été alloué aux actions de l'équipe officieuse de campagne de Christian Estrosi, destiné à l'achat de publicités sur la plateforme Meta (ex-Facebook). Sur ce point, les versions d'Amine S. et de Sevan B., un proche de l'ancien maire, semblent concorder. Sevan B., professionnel de la communication digitale, reconnaît avoir tenté de booster la campagne du candidat sur les réseaux sociaux, en produisant des contenus « borderline » et en les « poussant » grâce à la publicité.
Divergences sur le financement et les contreparties
Reste à savoir qui a financé ces opérations marketing. Pour Sevan B., les 50 000 euros auraient pu être pris en charge par une tierce personne qui avait engagé l'équipe de Tunisiens pour une « mission d'espionnage » sans lien direct avec la campagne. Amine S. réfute cette hypothèse, affirmant avoir fait l'avance de ces dépenses avec sa carte bancaire. Il ajoute qu'en cas de succès électoral, un « marché à la Métropole » lui aurait été promis, à lui et à son associé Jean L., un ancien agent de la DST, pour un montant de 2 millions d'euros.
La réaction de Christian Estrosi
Par la voix de ses avocats, Mes Olivier Baratelli et Gérard Baudoux, Christian Estrosi s'inscrit en faux. Ils rappellent que « pendant 18 ans, Christian Estrosi a toujours fait preuve d'une rigueur et d'une exemplarité absolue dans la conduite des affaires de la ville et de la Métropole, dont il s'enorgueillit ». Ils soulignent que l'ancien maire de Nice « s'est toujours interdit de commenter le fond d'une procédure judiciaire en cours », mais « sur la forme », ils rappellent qu'après la découverte de la tête de cochon, Christian Estrosi a déposé plainte et s'est constitué partie civile.
Les avocats poursuivent : « Une information judiciaire est aujourd'hui en cours, en laquelle Christian Estrosi a toute confiance », et qui a « justement pour but de faire toute la lumière sur les agissements que sa femme et lui-même ont subi ». C'est donc « en tant que victime » que leur client relève que « les propos, dont Nice Matin nous apprend qu'ils auraient été tenus par M. [Amine S.], justifient encore plus la constitution de partie civile de Christian Estrosi, déterminé plus que jamais à ce que les responsabilités de chacun soient mises en lumière ».
Ces accusations, « aussi incongrues que scandaleuses », « heurtent profondément Christian Estrosi », qui a demandé à ses avocats « d'y répondre en déposant une plainte en dénonciation calomnieuse sur le fondement de l'article 226-10 du Code pénal ».



