Affaire Jubillar : aveux, ossements et analyse en cours
Affaire Jubillar : aveux, ossements et analyse en cours

Cinq ans et demi après la disparition de Delphine Jubillar, née Aussaguel, Cédric Jubillar a avoué mercredi devant la justice avoir tué son épouse et a conduit ce jeudi 16 juillet 2026 les enquêteurs là où il avait dissimulé le corps fin 2020. Des ossements ont été retrouvés sur place.

Des ossements retrouvés sur les lieux indiqués

Le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a déclaré à l’AFP : « Des ossements qui pourraient être des ossements humains ont été retrouvés sur les lieux indiqués par Cédric Jubillar comme l’endroit où il avait déposé le corps de Delphine Aussaguel. » Ces ossements doivent être acheminés vers le laboratoire de l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) à Pontoise pour déterminer s’il s’agit bien des restes de Delphine Jubillar.

À Villeneuve-sur-Vère, à 10 km de Cagnac-les-Mines, un fourgon de gendarmerie barre l’accès à la zone des fouilles, au milieu de champs jaunis par la canicule, a constaté un journaliste de l’AFP. Cédric Jubillar était présent sur le lieu des recherches, accompagné de ses avocats Pierre et Guy Debuisson, donnant des « indications précises » aux enquêteurs, selon une source proche du dossier.

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Cédric Jubillar avoue après cinq ans et demi de déni

Dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, Delphine Jubillar avait disparu du domicile conjugal en instance de divorce. Cinq ans et demi plus tard, Cédric Jubillar a avoué ce mercredi devant la justice avoir tué son épouse. Ces aveux ont été recueillis par la présidente de la cour d’assises de Haute-Garonne, juridiction devant laquelle il doit être jugé en appel à partir du 21 septembre.

Cette audition a été sollicitée par ses avocats, au lendemain de la révélation le 6 juillet d’un courrier dans lequel il admettait pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de l’infirmière de 33 ans, mère de leurs deux enfants. Delphine Jubillar s’apprêtait à le quitter pour un autre homme. Depuis plus de cinq ans, et notamment pendant son procès très médiatisé devant les assises du Tarn où il a été condamné à 30 ans de réclusion en octobre, il avait toujours clamé son innocence.

Un « besoin de parler » selon ses avocats

Selon son avocat Guy Debuisson, ce passage aux aveux est dû à « un besoin de parler », car il aurait été « verrouillé par la pression médiatique », « la pression très forte des enquêteurs », fragilisé par la prise de médicaments et son régime carcéral à l’isolement. Pour Me Debuisson, Cédric Jubillar n’a « jamais eu l’intention de tuer son épouse », laissant entendre que la défense va contester la notion de meurtre pour privilégier celle de coups mortels ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Dans le courrier transmis à ses avocats, il évoque une dispute sans en indiquer les circonstances.

Ses avocats ont jugé « impossible » que son procès en appel puisse se tenir comme prévu à partir du 21 septembre à Toulouse. Incarcéré à l’isolement à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s’est vu retirer en décembre l’autorité parentale sur ses deux enfants, Louis et Elyah, âgés de 11 et 6 ans, confiés à leur tante maternelle.

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La découverte du corps permet le deuil des enfants

L’avocat des enfants, Laurent Boguet, a estimé jeudi que les aveux et la découverte d’ossements permettront aux enfants d’entamer un « travail de deuil ». « On est soulagé de pouvoir annoncer à ces enfants qu’on n’a pas grand-chose à leur rendre, mais c’est quand même très important. Ça leur permet d’organiser un travail de deuil, de prévoir une sépulture digne de ce nom à leur maman », a-t-il déclaré à l’AFP. Pour Me Boguet, ces aveux sont « une première étape ». Si Cédric Jubillar « a changé de posture, il y a forcément toute une série de questions qui vont lui être adressées (…) On ne va pas se contenter d’un oui c’est moi ». « Très bien, c’est toi, mais pourquoi tu as décidé de le faire, comment tu as décidé de le faire, pourquoi tu ne nous as pas livré (la vérité) bien auparavant ? », a-t-il poursuivi. Il estime également que le travail des experts légistes apportera des éléments importants : « Quand vous retrouvez un corps, quel qu’en soit l’état, celui-ci peut parler sur le plan criminel », par exemple en permettant de savoir s’il y a eu étranglement.