Dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet 2026, des forains ont tenté d'installer une vingtaine d'attractions sur la place de la République, près de la poste, dans le quartier de Fréjus-Plage à Fréjus. Arrivés en pleine nuit, ils ont été empêchés de déployer leur matériel par la police municipale, en présence de la police nationale en observation. Finalement, les forains ont quitté les lieux en milieu de matinée.
Une décision municipale contestée
Contactée par Var-matin, la sous-préfète de Draguignan, Myriam Garcia, a expliqué l'origine du conflit : « D'ordinaire, Fréjus accueille deux fêtes foraines estivales : une en juillet à Fréjus-Plage et une autre en août à Saint-Aygulf. Cette année, la commune a pris la décision de supprimer celle de Fréjus-Plage en raison des travaux de la Promenade des Bains et de l'agrandissement du marché nocturne. »
Des réunions entre la commune et les représentants des forains n'ont pas permis d'aboutir à un accord. La sous-préfète a elle-même organisé une réunion de médiation le 2 juillet. « Les deux terrains alternatifs proposés par la commune ne convenaient pas aux forains, qui ont jugé cette proposition inacceptable et ont décidé d'organiser une action », a-t-elle précisé. Le 14 juillet, le premier adjoint au maire, Gilles Longo, a confirmé le refus d'accueillir la fête foraine sur la place de la République.
Un dialogue de sourd
Myriam Garcia a rappelé le principe de libre administration communale et l'existence de commissions départementales des professions foraines et circassiennes, censées apaiser les relations entre les communes et la profession. Dans ce cas, ces commissions n'ont pas permis de consensus. Toutefois, « la médiation que j'ai opérée a permis d'éviter un blocage de la ville », a-t-elle conclu.
Eric Cicéron, représentant local de l'Union défense active foraine (Udaf), a déploré la situation : « Au terme de cette action, nos collègues sont rentrés chez eux et ont perdu plusieurs journées de travail. » Il a souligné que les deux terrains alternatifs proposés par la Ville n'étaient pas adaptés à l'activité estivale. « Des familles sont empêchées d'exercer leur profession et de gagner leur vie, en dépit du décret du 17 mars 2022 et de la législation », a-t-il affirmé, ajoutant que l'Udaf entend faire remonter le mécontentement jusqu'aux ministères de l'Intérieur et de la Culture.
Une profession en colère
Les forains dénoncent une décision qu'ils jugent arbitraire et préjudiciable à leur activité. La municipalité de Fréjus, contactée, n'a pas donné suite aux sollicitations de Var-matin. Cette action nocturne, bien que n'ayant pas abouti à une installation effective, a permis aux forains de se faire entendre, selon Eric Cicéron : « Cette opération n'est pas un échec car elle a permis de faire entendre nos revendications. »
Le conflit illustre les tensions récurrentes entre les forains et les communes, notamment dans le contexte des restrictions d'espace et des travaux d'aménagement urbain. La sous-préfète a indiqué qu'elle continuerait à chercher une solution, mais pour l'instant, la fête foraine de juillet à Fréjus-Plage reste annulée.



