Les ossements découverts fin mai 2026 sur deux sites distincts dans les Bouches-du-Rhône pourraient être ceux des militaires disparus dans le Var en 2022 et 2023. Les expertises en cours, menées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Toulon, doivent répondre à cette question cruciale. Selon le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, les résultats devraient être communiqués au magistrat instructeur avant la fin du mois de juillet, soit deux mois après la découverte des restes humains.
Un processus d'expertise par étapes
Le procureur explique que les délais sont dus à la succession d'expertises de différentes natures, nécessitant de procéder par étapes. La dernière étape consistera à prélever l'ADN sur les ossements pour le comparer avec les profils génétiques des deux soldats disparus : Jacques Pakeso et Mike Gineste, originaires respectivement de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française.
Les familles dans l'attente
Les familles des deux militaires, qui ont rejoint la métropole pour s'engager dans l'armée, sont suspendues aux résultats. Le procureur a assuré qu'elles seront prioritairement informées. L'affaire, révélée par Var-Matin le 30 juin, a suscité une vive émotion, notamment dans les outre-mer.
Une enquête qui s'élargit
L'enquête a débuté avec la disparition inquiétante de Jacques Pakeso, signalée en décembre 2022 par son frère. Elle s'est étendue à Mike Gineste, disparu en mai 2023, puis à des faits présumés de séquestrations depuis 2011 impliquant au moins sept victimes identifiées. La justice a lancé un appel à témoins pour vérifier si d'autres jeunes Océaniens basés dans le Var n'auraient pas disparu ces dernières années.
Six membres d'une même famille mis en cause
Le 29 mai, six membres d'une même famille ont été présentés au juge d'instruction. Francesca Héléna Akau Vegi-Wing et deux de ses fils ont été mis en examen pour les meurtres présumés des deux jeunes disparus. La mère et les deux fils sont également poursuivis pour séquestrations et traite d'êtres humains en bande organisée. Le père de famille et l'une des filles du couple sont aussi inculpés pour les mêmes chefs. Les cinq ont été placés en détention provisoire. Une autre fille a été mise en examen pour non-dénonciation de crimes et placée sous contrôle judiciaire. Tous restent présumés innocents jusqu'à l'issue de la procédure.



