Le 21 mars 2024, Daniel Da Costa Lima, alors étudiant à Montpellier, est victime d’un violent accident de moto rue Vendémiaire. Plus de deux ans, plusieurs opérations et une longue rééducation plus tard, le jeune homme de 22 ans est convaincu que l’état de la chaussée est à l’origine de sa chute. Il demande aujourd’hui réparation devant le tribunal administratif.
Un itinéraire modifié qui tourne au drame
Ce jeudi matin, Daniel enfourche sa moto pour rejoindre l’université. Des travaux l’obligent à modifier son itinéraire habituel. Il emprunte alors la rue Vendémiaire, à proximité de la bibliothèque Richter. « Il y avait une branche sur la chaussée. Je me suis légèrement déporté, mais je suis resté sur ma voie. J’ai roulé sur une énorme déformation de la route et j’ai perdu le contrôle immédiatement », raconte-t-il. Selon lui, la chaussée était déformée par les racines des pins plantés sur le terre-plein central. Les données enregistrées par le traceur GPS de sa moto indiquent une vitesse inférieure à 30 km/h au moment de l’accident. Quelques secondes plus tard, la moto percute deux arbres. « Ma jambe est restée coincée entre la moto et l’arbre. »
Des séquelles physiques et psychologiques lourdes
Le diagnostic est sévère : fractures du genou, de la rotule et du condyle fémoral, plusieurs ligaments arrachés, une vertèbre fracturée. Au fil des semaines, les opérations s’enchaînent. Des broches sont posées, puis retirées. Des infections compliquent sa convalescence. Deux semaines et demie d’hospitalisation, un mois en centre de rééducation, plusieurs opérations, des complications, des infections… Pendant trois mois, Daniel ne pose plus le pied au sol. Il passe un mois en fauteuil roulant, puis près de deux ans avec des béquilles. Malgré les douleurs, le jeune homme refuse de renoncer à ses études. « Je suis allé passer mes partiels en fauteuil roulant. Je ne voulais pas perdre mon année. » Aujourd’hui encore, il suit trois séances de kinésithérapie par semaine. Son projet professionnel, lui aussi, s’est envolé. « Je voulais travailler dans la rénovation de biens immobiliers. Avec mon état physique, ce n’est plus envisageable. Je ne peux plus faire de moto. Je ne peux plus vivre comme avant. » Loanne, sa petite amie infirmière, raconte : « J’ai posé un arrêt de travail pour l’accompagner. Nous avons tous gardé des séquelles psychologiques. »
Une procédure judiciaire contre la Métropole
Quelques mois après l’accident, Daniel mandate Me Jean-Pierre Redon et engage une procédure contre la métropole et la ville. Selon Daniel, plusieurs éléments versés au dossier démontrent que la chaussée présentait déjà d’importantes déformations : procès-verbal de police, constat d’un commissaire de justice, photographies, données GPS et expertises. Il affirme également que des panneaux signalant une chaussée déformée ont été installés dans les mois qui ont suivi, avant qu’une réfection de la voirie ne soit réalisée. La CPAM, qui a engagé des frais médicaux, s’est également jointe à la procédure pour obtenir le remboursement de ses débours.
La position de la collectivité
De leur côté, la ville de Montpellier et la métropole affirment que « la collectivité suit la procédure engagée par Daniel Da Costa Lima à la suite de son accident de moto survenu le 21 mars 2024, rue Vendémiaire. La Métropole de Montpellier estime que le lien entre l’état de la chaussée et l’accident n’est pas démontré, faute d’éléments permettant d’en établir les circonstances. Elle rappelle que la voirie est adaptée pour la vitesse autorisée sur ce secteur (30 km/h), d’autant plus dans un secteur où les piétons sont nombreux et demandent une extrême vigilance des usagers de la route. »
Un combat qui dépasse le cas personnel
Examinée le 2 juillet dernier par le tribunal administratif de Montpellier, l’affaire est désormais en délibéré. Pour Daniel, le combat dépasse désormais son seul cas. « Au début, je pensais que c’était un accident isolé. Puis j’ai vu d’autres cas similaires dans le journal. Si mon histoire peut éviter qu’une autre famille vive la même chose que la nôtre, alors ça aura servi à quelque chose. »



