34 sociétés de journalistes dénoncent les attaques du maire RN de Carcassonne
34 SDJ dénoncent les attaques du maire RN de Carcassonne

Dans une tribune publiée ce vendredi 2 octobre, 34 sociétés de journalistes et de rédacteurs de médias nationaux et régionaux expriment leur « vive inquiétude » et leur « solidarité » après les attaques répétées du maire (Rassemblement national) de Carcassonne, Christophe Barthès, à l’encontre de la presse. Le 24 septembre, lors du conseil municipal, l’édile a nommément visé deux journalistes de L’Indépendant, les qualifiant de « guignols de l’info » et de « journaleux » au service de « torchons » et d’une « presse nauséabonde ».

Un maire en guerre ouverte contre la presse

Christophe Barthès, élu sous l’étiquette RN, mène depuis son élection un conflit ouvert avec le groupe La Dépêche du Midi. Lors de cette même séance, il s’est vanté d’avoir « enlevé 75 000 euros d’argent public » au groupe et a averti que si des agents municipaux « devaient subir à l’avenir des actes graves, [il] en tiendrait [les journalistes cités] pour responsables ». Des propos perçus comme une tentative d’intimidation visant à dissuader la presse de faire son travail.

Les signataires rappellent que ce comportement n’est pas isolé. Le 9 septembre, lors d’une conférence de presse organisée pour réagir à des révélations de Midi libre sur la police municipale, l’un des adjoints de Christophe Barthès avait refusé l’accès à un journaliste de La Dépêche du Midi.

Un précédent inquiétant pour la liberté d’informer

Les sociétés de journalistes voient dans ces agissements un « climat détestable » qui préfigure la manière dont le RN traiterait la presse s’il accédait au pouvoir à l’échelle nationale : coupes de subventions, désignation de personnes nommément citées à la vindicte, propos dégradants et menaçants. Elles jugent « scandaleux qu’un maire mène un combat personnel contre des journalistes » et demandent que ces méthodes cessent.

La tribune est signée par les sociétés de journalistes et de rédacteurs de 34 médias, parmi lesquels 20 Minutes, l’Agence France-Presse, BFM-TV, Challenges, Le Figaro, France 3, Franceinfo, Le Monde, Le Nouvel Obs, Le Point, Les Échos, Libération, Mediapart, Midi libre, Radio France, RMC, RTL, Sud-Ouest, TF1, ou encore LCP-AN et Public Sénat.

Un appel à protéger le travail des journalistes

Les signataires demandent que les journalistes des titres du groupe La Dépêche du Midi puissent « travailler sereinement ». Ils estiment que les attaques répétées du maire de Carcassonne constituent une menace directe pour la liberté d’informer et appellent à ce que de tels comportements ne se reproduisent plus.

Cette tribune intervient dans un contexte tendu dans la ville de l’Aude, marqué par l’affaire de la vidéo choc de policiers municipaux, qui a déjà suscité des tensions lors du conseil municipal du 24 septembre. Les journalistes locaux continuent de couvrir ces sujets malgré les pressions, et les 34 sociétés de journalistes apportent leur soutien à leurs confrères de Carcassonne.