94 interpellations à Paris lors de manifestations interdites d'ultradroite et d'antifascistes
94 interpellations à Paris pour manifestations interdites

Trente-neuf personnes ont été placées en garde à vue samedi à Paris, en marge d’une manifestation interdite d’un groupe d’ultradroite et de sa contre-manifestation antifasciste, également interdite, selon la préfecture de police de Paris. Les forces de l’ordre ont procédé à 94 interpellations, de militants d’ultradroite comme d’ultragauche, dans différents secteurs de la capitale, à République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse.

Parmi eux, 39 ont donc été placés en garde à vue pour participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, violences volontaires en réunion et port d’armes prohibées, a ajouté la préfecture de police. Quelques 150 personnes ont aussi été verbalisées pour non respect d’un arrêté d’interdiction.

Deux manifestations interdites

Une manifestation, à l’appel du Comité du 9-Mai, un groupe classé à l’ultradroite, a été initialement interdite par la préfecture de police de Paris, ainsi que sa contre-manifestation antifasciste, intitulée « Pas de nazis dans Paris », également programmée samedi après-midi. Saisis par le Comité du 9-Mai, le tribunal administratif de Paris puis le Conseil d’État ont confirmé l’interdiction, en raison du risque de trouble à l’ordre public que la manifestation pouvait engendrer.

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Dans ses arguments, la préfecture de police avait invoqué la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, en février, et souligné que, en 2025, plusieurs saluts nazis avaient été observés dans le cortège du Comité du 9-Mai : « Si les manifestants doivent pouvoir se rassembler en toute sécurité, les arrêtés d’interdiction doivent être respectés et les confrontations entre militants d’ultradroite et d’ultragauche ne sauraient être tolérées. »

Non respect d’un arrêté d’interdiction

Un peu plus tôt dans l’après-midi, neuf personnes avaient déjà été placées en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » (port de gants coqués, matraques télescopiques, couteaux…), avait indiqué la préfecture de police de Paris à l’AFP. Douze autres ont été verbalisées pour « non respect d’un arrêté d’interdiction ». Selon une source policière, ces neuf premières gardes à vue concernaient des militants d’ultradroite.

Les militants du Comité du 9-Mai ne se sont finalement pas réunis au pied de la statue de Jeanne d’Arc place des Pyramides à Paris, un rassemblement des partisans de Florian Philippot s’y tenant déjà. « Si jamais il y a des débordements, la seule faute, elle incombe à la préfecture », a déclaré un des porte-parole du Comité du 9-Mai, Raphaël Ayma, également chef de file d’un groupe néofasciste du sud de la France, lors d’une conférence de presse improvisée devant le ministère de la Justice. « Et ça m’inquiète pour la liberté de manifester dans ce pays », a-t-il ajouté.

Un comité néonazi

Le Comité du 9-Mai manifeste tous les ans pour l’anniversaire de la mort d’un militant d’extrême droite, Sébastien Deyzieu, décédé accidentellement en 1994. Le jeune homme s’était réfugié sur le toit d’un immeuble de Paris pour échapper à la police avant de faire une chute mortelle. L’année dernière, la manifestation avait été initialement interdite par la PP avant que le tribunal administratif ne suspende cette mesure. Un millier de militants d’ultradroite avaient alors défilé dans la capitale, pour la plupart le visage masqué et arborant des symboles associés à l’idéologie néonazie.

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