38,5 kg de cocaïne saisis dans le Gard, trois Roumains condamnés
38,5 kg de cocaïne saisis dans le Gard, trois Roumains condamnés

Le 16 juillet 2026, les douaniers ont interpellé trois ressortissants roumains sur un parking d’Aigues-Mortes, dans le Gard, à l’issue d’une filature débutée sur l’aire de Florensac, sur l’autoroute A9. Ils transportaient 38,5 kg de cocaïne, d’une valeur estimée à près d’un million d’euros. Les trois hommes ont été jugés le lundi 20 juillet devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Un convoi suspect suivi depuis l’A9

Les douaniers, positionnés sur l’aire de Florensac, ont repéré une Audi A4 suivie de près par deux Audi A6, dont l’une immatriculée en Roumanie. Ils ont alors suivi le convoi jusqu’au parking d’un centre commercial à Aigues-Mortes. Lors de la fouille initiale, rien n’a été trouvé. Les agents ont alors fait appel à une brigade cynophile. Les chiens ont marqué au niveau des consoles centrales de deux véhicules, où des caches avaient été aménagées. À l’intérieur, seize pains de cocaïne ont été découverts dans chaque voiture, soit un total de 18,5 kg de drogue. Selon la direction générale des douanes, le préjudice est estimé à 992 029 euros. Du numéraire et des téléphones portables ont également été saisis.

Des versions contradictoires lors du procès

Les trois conducteurs, tous originaires de la même ville en Roumanie, ont été placés en retenue douanière puis en garde à vue. L’exploitation téléphonique a révélé d’autres trajets effectués quelques semaines auparavant, entre Sospel et le Perthus, en Espagne. Cependant, les mis en cause ont contesté avoir participé à ces autres convois. Ils ont reconnu uniquement celui du 16 juillet, expliquant qu’ils devaient toucher 5 000 euros pour cette course. L’un d’eux a justifié : « J’en avais besoin pour enlever des plaques dans ma jambe ». Un autre a déclaré : « C’était pour aller voir des prostituées ».

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Mais la présidente du tribunal a pointé plusieurs discordances. Selon eux, la drogue aurait été récupérée à Perpignan, mais ce trajet n’apparaît ni dans leur téléphonie ni dans les données d’itinérance. Quant à leur présence en Espagne, l’un a évoqué un repas sans préciser qui l’accompagnait, tandis qu’un autre a dit avoir acheté des pneus. Face à la perplexité de la présidente, deux d’entre eux ont changé leur version, affirmant qu’ils étaient allés voir des prostituées, sans convaincre.

Des réquisitions sévères et une peine de quatre ans

La procureure a requis quatre ans d’emprisonnement, un maintien en détention, la confiscation des scellés et l’interdiction définitive du territoire français. Elle a souligné l’absence d’antécédent judiciaire des prévenus, mais a insisté sur le caractère organisé du convoi et la quantité importante de drogue. Les avocats de la défense ont tenté d’atténuer la peine. Me Raphaël Belaiche a plaidé : « Ce sont des personnes fragilisées qui ont été prises dans ce trafic. Je vous demande de regarder leur personnalité ». Me Julien Dumas-Lairolle a ajouté : « Sur l’importation, il n’y a rien qui permet d’établir qu’ils sont revenus d’Espagne avec la cocaïne ». Il a plaidé la relaxe pour ce délit et demandé une révision à la baisse de l’amende douanière.

Après délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions. Les trois Roumains ont été condamnés à quatre ans de prison ferme et reconduits en détention.

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