De plus en plus d'adolescents de 15 ans expriment le souhait d'entreprendre une transition de genre. Ce phénomène, qui interroge la société, est au cœur d'un dossier publié par Le Monde le 12 août 2026. Selon le journal, le nombre de demandes de suivi pour dysphorie de genre chez les mineurs a considérablement augmenté ces dernières années.
Un phénomène en hausse chez les adolescents
Les témoignages recueillis par Le Monde montrent que ces jeunes ressentent un profond malaise avec leur corps. "À 15 ans, mon corps ne me représentait plus", confie l'un d'eux. Cette phrase résume le sentiment de nombreux adolescents qui se tournent vers les équipes spécialisées dans l'identité de genre.
Les professionnels de santé observent une augmentation des consultations. Selon les données citées par Le Monde, le nombre de demandes de prise en charge a été multiplié par quatre en cinq ans. Les équipes hospitalières, comme celle de la Pitié-Salpêtrière à Paris, doivent faire face à des listes d'attente de plus en plus longues.
Un parcours médical et psychologique encadré
La transition de genre chez les mineurs est un processus long et encadré. Il commence par un suivi psychologique, puis peut inclure des traitements hormonaux. Les bloqueurs de puberté sont parfois prescrits, mais leur utilisation reste controversée. Le Monde rapporte que les équipes médicales insistent sur l'importance d'une évaluation pluridisciplinaire.
Les familles sont également impliquées dans le processus. "Les parents sont souvent démunis face à la détresse de leur enfant", explique une pédopsychiatre interrogée par le journal. Des associations de soutien se sont créées pour les accompagner, comme l'association Contact, qui organise des groupes de parole.
Un débat sociétal et politique
Ce phénomène suscite un débat dans la société française. Certains élus et associations s'inquiètent d'une "mode" ou d'une influence des réseaux sociaux. D'autres, au contraire, défendent le droit des jeunes à disposer de leur corps. Le Monde souligne que la question est devenue un sujet politique, avec des propositions de loi visant à encadrer plus strictement les transitions chez les mineurs.
En 2025, la Suède a restreint l'accès aux traitements hormonaux pour les mineurs, une décision qui a relancé le débat en Europe. En France, la Haute Autorité de santé doit publier de nouvelles recommandations sur la prise en charge des personnes transgenres, y compris les mineurs.
Des parcours divers, un accompagnement essentiel
Le Monde met en avant des parcours divers. Certains jeunes ont ressenti ce décalage dès l'enfance, d'autres à l'adolescence. Tous insistent sur l'importance d'être écoutés et soutenus. "Le plus important, c'est de ne pas rester seul avec cette souffrance", témoigne une jeune fille de 16 ans.
Pour l'instant, le suivi médical reste inégal sur le territoire. Les centres spécialisés sont concentrés dans les grandes villes, ce qui oblige certaines familles à parcourir des centaines de kilomètres. Les associations réclament une meilleure formation des médecins généralistes et des psychologues pour améliorer l'accès aux soins.



