L'expérimentation du port de l'uniforme à l'école, lancée en 2024 dans les Alpes-Maritimes, n'a pas été reconduite à la rentrée 2026-2027. Aucun établissement du département n'a choisi de poursuivre le dispositif après le retrait de l'aide financière de l'État. Cinq collèges, cinq écoles niçoises et un lycée à Nice avaient pourtant participé à ce test national, cofinancé par l'État.
Un bilan contrasté selon les évaluations
Le dispositif n'a pas été abandonné sans bilan. Dans une évaluation officielle publiée le 12 mai 2026, la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) dresse un constat nuancé. Dans le premier degré, trois directeurs sur quatre rapportent une évolution positive du sentiment d'appartenance à l'école, mais les effets apparaissent plus mesurés sur le climat scolaire, l'ambiance de travail ou les acquis des élèves. Dans le second degré, les chefs d'établissement se montrent davantage positifs, notamment concernant le sentiment d'appartenance et la cohésion entre élèves.
Une autre enquête, menée par deux chercheurs d'Aix-Marseille Université, Julien Garric et Christine Mussard, auprès d'environ 1 200 élèves et 1 100 parents dans trois établissements de l'académie d'Aix-Marseille, faisait apparaître un décalage marqué entre adultes et élèves. Si 75 à 85 % des parents interrogés se déclaraient favorables à la tenue commune, 70 % des élèves disaient avoir vécu son annonce comme « horrible ». Les chercheurs relevaient également que les élèves ne percevaient pas d'amélioration notable du climat scolaire, du harcèlement ou des inégalités sociales.
Le désengagement de l'État en cause
L'expérimentation était prévue pour durer au maximum deux années scolaires. L'État n'a pas reconduit son financement au-delà de 2025-2026, laissant aux collectivités le choix de poursuivre à leurs frais ou d'y renoncer. Dans les Alpes-Maritimes, toutes ont choisi d'y renoncer.
Au rectorat de Nice, on rappelle que le cadre était dès l'origine limité dans le temps. « Le port de l'uniforme a été présenté comme une expérimentation, sur deux ans », a rappelé Emmanuel Roux, recteur de l'académie de Nice, lors de la conférence de presse de rentrée. L'État avait alors accompagné financièrement les collectivités volontaires. Mais cette période étant arrivée à son terme, « l'État n'a pas reconduit le dispositif ».
Les collectivités invoquent le coût
Le Département des Alpes-Maritimes, qui avait participé au dispositif dans plusieurs collèges volontaires et poursuivi l'expérience en 2025-2026, a décidé de ne pas reconduire l'expérimentation à l'issue de la convention en cours. « L'État qui cofinançait l'expérimentation a fait le choix de ne pas poursuivre son engagement », explique le Département.
À Nice, même décision, malgré le soutien affiché du maire Eric Ciotti, qui défendait en 2024 « un symbole d'égalité, de neutralité, mais également de respect de l'autorité ». La municipalité invoque le désengagement de l'État, qui « faisant peser sur la seule ville de Nice son coût », l'a conduite à concentrer ses moyens sur d'autres priorités éducatives, notamment l'amélioration des conditions d'accueil des élèves, la climatisation des écoles et les investissements en faveur de la réussite scolaire.
À la Région Sud, l'abandon avait été plus précoce. Renaud Muselier avait annoncé dès mars 2025 la fin du dispositif au lycée Les Palmiers, à Nice. La Région avait consacré 500 000 euros à l'expérimentation dans deux lycées et estimait à 44 millions d'euros le coût d'une généralisation à l'ensemble de ses établissements. Sans soutien financier de l'État, le président de Région avait refusé d'engager une telle dépense.



