Dans l'épisode #188 du podcast « Le goût de M » du Monde, l'écrivain Arthur Dreyfus se confie sur son rapport complexe à ses goûts, révélant avoir longtemps lutté contre une homophobie internalisée. « Pendant longtemps, par homophobie internalisée, une part de moi ne voulait pas avoir des goûts de gay », a-t-il déclaré, une introspection qui éclaire son parcours intime et littéraire.
Un aveu sur l'homophobie internalisée
Arthur Dreyfus, figure de la scène littéraire française, a profité de cet entretien pour aborder un sujet rarement évoqué avec une telle franchise : la honte intériorisée liée à l'orientation sexuelle. Selon lui, cette homophobie internalisée a influencé ses préférences personnelles, le poussant à rejeter inconsciemment tout ce qui pouvait être perçu comme « gay ». Ce mécanisme, décrit avec précision, montre comment les normes sociales peuvent modeler les désirs les plus intimes.
L'écrivain explique que ce refus n'était pas un choix conscient, mais une réaction profonde ancrée par des années de conditionnement social. Il souligne que cette période a été marquée par une tension constante entre ce qu'il ressentait et ce qu'il pensait devoir être. Cette révélation s'inscrit dans une conversation plus large sur la construction de l'identité et l'acceptation de soi.
Le goût comme marqueur identitaire
Dans ce podcast, Arthur Dreyfus explore comment les goûts, qu'ils soient culturels, esthétiques ou quotidiens, deviennent des marqueurs identitaires. Il analyse la manière dont la société attribue des connotations genrées ou sexuelles à certains choix, et comment ces étiquettes peuvent peser sur les individus. Pour lui, le goût n'est jamais neutre : il est chargé d'histoire personnelle et de pressions collectives.
L'écrivain revient également sur son rapport à l'écriture comme espace de liberté. C'est à travers la littérature qu'il a pu, progressivement, déconstruire ces mécanismes et réconcilier ses désirs avec son image publique. Ses romans, souvent exploratoires, reflètent cette quête d'authenticité, loin des carcans imposés.
Un témoignage pour la littérature et la société
Cet épisode du « goût de M » s'inscrit dans une série d'entretiens où des personnalités partagent leurs goûts intimes et leurs parcours. La confession d'Arthur Dreyfus résonne particulièrement dans un contexte où les questions d'identité et d'acceptation sont au cœur des débats sociétaux. Son témoignage offre une perspective nuancée sur les effets durables de la stigmatisation, même après des années de vie publique assumée.
L'écrivain conclut sur une note d'espoir, soulignant que la prise de conscience de ces mécanismes a été libératrice. En partageant cette expérience, il espère aider d'autres personnes confrontées à des sentiments similaires. Cet entretien, diffusé sur Le Monde, constitue une contribution précieuse au dialogue sur l'homophobie et l'acceptation de soi dans la France contemporaine.