Un rapport remis au gouvernement préconise une augmentation significative des frais d'inscription à l'université, qui pourraient passer de 170 à 850 euros par an, soit une multiplication par cinq. Cette proposition, formulée par un groupe d'experts dirigé par l'économiste Pierre-Henri Bono, vise à renforcer le financement de l'enseignement supérieur français.
Objectif : améliorer les ressources des universités
Selon le rapport, intitulé "Pour un financement durable de l'enseignement supérieur", les universités françaises souffrent d'un sous-financement chronique. Les frais d'inscription actuels, parmi les plus bas d'Europe, ne couvrent qu'une fraction du coût réel des études, estimé à environ 10 000 euros par étudiant et par an. Le rapport propose donc de les relever progressivement sur cinq ans, jusqu'à atteindre 850 euros en 2030.
Cette mesure concernerait principalement les étudiants de licence et de master. Les doctorants et les boursiers seraient exonérés de cette hausse, selon les recommandations du rapport. "Il s'agit de trouver un équilibre entre la nécessité de financer l'université et la préservation de l'égalité des chances", explique Pierre-Henri Bono, cité dans le document.
Des mesures d'accompagnement prévues
Pour éviter que cette augmentation ne creuse les inégalités, le rapport préconise un renforcement du système de bourses. Il suggère notamment de revaloriser les bourses sur critères sociaux et d'étendre leur attribution à davantage d'étudiants. Par ailleurs, une partie des recettes supplémentaires serait consacrée à l'amélioration des conditions d'études, comme la rénovation des bâtiments ou le recrutement d'enseignants-chercheurs.
Le rapport estime que cette réforme pourrait générer jusqu'à 1,2 milliard d'euros par an pour les universités. "C'est une somme considérable qui permettrait de répondre à plusieurs défis, comme la transition numérique ou la précarité étudiante", souligne le document.
Réactions mitigées
Cette proposition suscite déjà des réactions contrastées. Du côté du gouvernement, le ministère de l'Enseignement supérieur a indiqué prendre connaissance du rapport, sans se prononcer pour l'instant. "Nous étudions toutes les pistes pour améliorer le financement de nos universités", a déclaré un porte-parole.
Les syndicats étudiants, en revanche, dénoncent une mesure injuste. "Augmenter les frais d'inscription, c'est fermer les portes de l'université aux jeunes issus de milieux modestes", a réagi la présidente de l'UNEF, Marie Durand. Plusieurs organisations appellent à une mobilisation dès la rentrée prochaine.
Le rapport doit être examiné par le Conseil supérieur de l'éducation avant une éventuelle mise en œuvre. La décision finale reviendra au gouvernement, qui pourrait intégrer ces propositions dans le prochain projet de loi de finances.



