Le climatologue Philippe Dobrinski, directeur de recherche au CNRS et co-président du Giec méditerranéen (MedECC), animera une conférence le jeudi 25 juin à 20h30 à la salle du Château à Barjac, sur les défis et perspectives d'adaptation en Méditerranée. Invité par l'association Transition énergétique et environnementale en Cèze-Cévennes (TEECC), il dresse un constat alarmant sur le retard de la France en matière d'adaptation.
Un constat alarmant sur l'adaptation
Selon Philippe Dobrinski, "on est en retard sur une vraie stratégie, des moyens alloués, une gouvernance et des actions d'adaptation". Il souligne que depuis la canicule de 2003, la France a mis en place des mesures de gestion d'urgence comme le plan canicule et le suivi sanitaire, mais insuffisamment de mesures anticipatoires. "Certains de nos voisins ont déjà pris des mesures et ont une attitude vers l'anticipation qui est plus forte que la nôtre", ajoute-t-il.
L'eau, point névralgique de la région méditerranéenne
Le climatologue insiste sur l'importance cruciale de l'eau en Méditerranée. "La ressource diminue du fait du cumul de précipitation qui diminue. L'eau, c'est le cœur, la grande vulnérabilité de la région Méditerranée." Il rappelle que 80 % de l'énergie électrique française provient de barrages hydroélectriques et de centrales nucléaires nécessitant un refroidissement. Les épisodes de forte chaleur entraînent une tension sur l'écosystème et la biodiversité, et EDF doit moduler l'usage de ses réacteurs.
La sobriété comme premier levier
Philippe Dobrinski prône la sobriété comme solution "peu coûteuse, immédiate et massive". Il cite l'exemple de la guerre en Ukraine où la consommation énergétique a baissé de 10 % en quelques semaines. "Si on était capable de maintenir cela dans la durée, un certain nombre de problèmes ne seraient pas forcément derrière nous, mais en tout cas, on serait dans la bonne direction."
Réutilisation des eaux usées : un effort nécessaire
Le scientifique compare le taux de réutilisation des eaux usées en France, qui est de quelques pour cent, à celui de l'Espagne, proche de 40 %. "Il y a un effort énorme à faire en France sur la réutilisation des eaux usées", insiste-t-il.
Des leviers pour la transition énergétique
Pour le sud de la France, Dobrinski recommande de diversifier l'approvisionnement électrique avec des technologies plus sobres, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il mentionne le potentiel du photovoltaïque et de l'éolien, notamment dans le couloir rhodanien et l'Aude. "La région méditerranéenne, en particulier avec le photovoltaïque, a une ressource importante à exploiter", affirme-t-il.



