La plateforme MonMaster a fermé dimanche après la phase complémentaire. Cette année encore, des milliers d’étudiants terminent l’été sans master. Plutôt que de ressasser les refus, certains ont choisi de partir loin pour se réinventer.
Mathis Taroudjit : direction le berceau du kung-fu
Mathis Taroudjit, 22 ans, étudiant en informatique à Montpellier, affichait 13 de moyenne mais n’a obtenu aucun master. Il a choisi de s’envoler pour Dengfeng, dans la région du Shaolin en Chine, pour un stage intensif de kung-fu d’un mois. « Un master, ça ne fait pas tout, lance-t-il. J’ai eu que des lettres de refus, alors je me suis dit : autant faire quelque chose qui a du sens pour moi. » Il envisage de prolonger son séjour et de décrocher un poste en informatique sur place. « La Chine recrute, il y a un vrai marché. Si je peux allier ma passion et mon métier là-bas, je resterai. »
Océane : l’American dream comme roue de secours
Originaire de Saint-André-de-Sangonis, Océane a suivi un cursus Administration économique et sociale à Paris-Saclay. Malgré une moyenne de 12, des stages à l’étranger et plusieurs concours d’écoles de commerce, aucune porte ne s’est ouverte. Elle est devenue fille au pair à Miami, un programme d’échange qui permet de vivre chez une famille américaine en échange du gîte, du couvert et d’une indemnité. « Je ne voulais pas rester à ruminer les refus, explique-t-elle. Là-bas, je vais apprendre l’anglais couramment, découvrir une autre culture, et surtout arrêter de me sentir en échec parce que je n’ai pas de master. »
Lila Chartier : la musique plutôt que l’amphi
Licenciée en sociologie à Paul Valery, Lila Chartier, 22 ans, n’a décroché aucun master. Elle se consacre désormais à la musique et prépare un premier album, tout en cherchant un petit boulot pour financer le projet. « Le master, ce n’est pas la seule voie pour réussir sa vie, assure-t-elle. J’ai un truc à dire en musique, alors autant essayer maintenant plutôt que de le regretter plus tard. »
Ces trois trajectoires illustrent un même constat : face à la sélectivité croissante des masters, où près d’une place sur cinq restait non pourvue en 2025 faute de candidatures retenues, ces jeunes refusent de se laisser définir par un refus administratif. Selon les données de MonMaster, 270 000 candidats ont soumis 3 millions de candidatures cette année.



