Qualiopi : la certification des organismes de formation remise en question
Qualiopi : la certification des formations remise en cause

La certification Qualiopi, devenue obligatoire pour tous les organismes de formation souhaitant bénéficier de fonds publics ou mutualisés, est vivement critiquée. Un rapport parlementaire remis en juillet 2026 pointe du doigt un système jugé coûteux, peu fiable et insuffisamment contrôlé. Selon les députés auteurs du rapport, « affirmer que Qualiopi est un gage de qualité serait un jeu de dupes ».

Un coût élevé pour les petits organismes

Le rapport estime que le coût moyen de la certification pour un organisme de formation est de 5 000 euros, un montant qui peut atteindre 15 000 euros pour les plus petites structures. Cette charge financière pèse lourdement sur les acteurs de la formation professionnelle, en particulier les indépendants et les très petites entreprises (TPE).

Les députés soulignent que ce coût n'est pas proportionnel à la taille de l'organisme et qu'il peut représenter jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires annuel pour certains petits formateurs. Ils recommandent une modulation des tarifs en fonction de la taille de la structure.

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Un contrôle insuffisant des certificateurs

Le rapport dénonce également le manque de contrôle des organismes certificateurs, habilités à délivrer la certification Qualiopi. « Certains certificateurs pratiquent un audit de complaisance, sans réellement vérifier la qualité des formations », affirment les auteurs. Ils estiment que cela conduit à une « inflation de certifications sans valeur ajoutée réelle ».

Selon les données du ministère du Travail, plus de 40 000 organismes sont aujourd'hui certifiés Qualiopi, mais seulement 2 % d'entre eux ont fait l'objet d'un contrôle de la part des pouvoirs publics. Les députés préconisent la mise en place d'un système de contrôle aléatoire renforcé.

Un impact sur la qualité des formations

Le rapport met en évidence que la certification Qualiopi ne garantit pas la qualité pédagogique des formations. « La certification porte essentiellement sur des aspects administratifs et organisationnels, pas sur le contenu ou la méthode pédagogique », explique un expert cité dans le rapport. Ainsi, des formations de mauvaise qualité peuvent obtenir le label.

Les députés proposent de réformer le référentiel Qualiopi pour y intégrer des critères pédagogiques plus exigeants, comme l'évaluation des compétences acquises par les apprenants ou la qualification des formateurs.

Des recommandations pour une refonte

Le rapport formule plusieurs recommandations pour améliorer le système. Il suggère notamment de créer un label qualité public, distinct de Qualiopi, qui serait délivré par l'État après un audit rigoureux. Ce label viendrait en complément de la certification obligatoire.

Les députés proposent également de réduire la fréquence des audits pour les organismes reconnus de qualité, et d'augmenter les sanctions en cas de manquement. Ils estiment que ces mesures permettraient de restaurer la confiance dans le système de certification.

Le gouvernement n'a pas encore réagi officiellement à ce rapport. Toutefois, une source au ministère du Travail a indiqué que « des réflexions sont en cours pour améliorer le dispositif Qualiopi ».

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