À Monaco, 80 enseignants se forment à l'intelligence artificielle
Monaco: 80 enseignants formés à l'IA

Quelque 80 enseignants de la Principauté de Monaco se sont portés volontaires pour suivre une formation sur l'intelligence artificielle (IA), dispensée conjointement par la Délégation Interministérielle chargée de la Transition Numérique (DITN) et la Direction de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS). L'objectif ? Se familiariser avec l'IA et recevoir des conseils pour l'intégrer à leurs cours.

Une formation sur mesure pour les enseignants

Les professeurs volontaires ont passé une journée entière en formation au lycée FANB, sous l'œil avisé de leur formateur Guillaume Romano. Environ 80 enseignants de la Principauté (sur 300 au total) ont accepté de participer à cette formation d'une journée, proposée sur trois créneaux pour toucher le plus grand nombre. « Cette formation a été faite à quatre mains avec la DENJS, qui nous a sollicités pour la dispenser, introduit Guillaume Romano, chef de projet-formateur au sein de la Direction des services numériques. Nous nous sommes réunis autour d'une table et avons réfléchi à un plan de formation composé de plusieurs modules pensés sur-mesure. »

Démystifier l'IA et transmettre de bonnes pratiques

L'objectif de cette formation d'une journée ? « Faire comprendre » et « démystifier » des concepts liés à l'IA qui, selon cet ingénieur de formation, sont souvent « relayés dans les médias et partiellement faux ». « L'important était de remettre du sens dans tout cela, résume Guillaume Romano. On tenait aussi à transmettre de bonnes pratiques pour le quotidien des professeurs, en s'inscrivant dans leur méthode pédagogique pour leur permettre de ressortir d'ici avec des outils. »

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Parmi les cinq modules proposés dans cette formation transversale, un volet historique rappelle que l'intelligence artificielle ne date pas des années 2020, mais bien de la Seconde Guerre mondiale. « Dans le deuxième module, on a poussé les enseignants à sortir de leur pratique pédagogique habituelle pour voir comment l'IA pouvait s'y intégrer. C'est une manière pour nous de comprendre leurs besoins. »

Vers une charte éthique sur l'IA dans les écoles

Enfin, les enseignants ont été sollicités pour participer à l'élaboration d'une charte éthique sur l'utilisation de l'IA dans les établissements scolaires de la Principauté. « On en fera un compte rendu et on proposera une ébauche de charte à la DENJS, qui nous dira si elle est adaptée ou s'il faudra la modifier. »

Un tsunami qui va plus vite qu'on ne l'imagine

De leur côté, les professeurs ont accueilli cette proposition de formation avec enthousiasme et un peu de soulagement. « C'est notre préoccupation du moment, reconnaît Emmanuelle Möller, professeure d'espagnol au lycée Albert-1er. C'est un tsunami qui va plus vite qu'on ne l'imagine et on se sent dépassés. »

Assis à ses côtés, Stéphane Gaudion, lui aussi professeur d'espagnol au lycée Albert-1er, abonde. « L'IA commence à changer notre métier, il faut qu'on se forme et qu'on apprenne à travailler avec. En tant qu'enseignant, on est confrontés non pas à un obstacle mais à une difficulté dans notre manière d'enseigner puisque les élèves n'apprennent plus de la même manière qu'avant. Aujourd'hui, on doit trouver des leviers pour les faire travailler avec l'IA plutôt que par l'IA. »

Des retours positifs et des perspectives

Il est 17 heures. Au moment de ranger leurs affaires, chacun à sa manière ressort avec des acquis. « On a une vision plus globale des possibilités de travail grâce à l'IA, que ce soit l'évaluation, la communication ou la pédagogie, glisse avec le sourire Stéphane Gaudion. Cela nous donne des idées pour nos cours et nous aide à réfléchir sur notre propre méthode de travail. Après cette journée, j'ai davantage conscience qu'on va devoir travailler avec. Avant, j'étais plus dans l'évitement. Maintenant, je l'assume pleinement. »

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Même son de cloche pour sa collègue d'espagnol. « On se sent rassurés parce qu'on voit qu'on est tous dans le même bateau. Cela crée un sentiment d'appartenance au niveau du corps enseignant. Cela nous permet d'échanger entre nous et de nous donner des idées les uns aux autres. Ce qui est intéressant, c'est qu'on a aussi vu les limites de l'IA. Cela nous permet de voir quand elle peut ne pas fonctionner et pourquoi. »

Mais Emmanuelle Möller alerte : les professeurs seuls ne pourront pas porter la responsabilité d'un développement raisonnable de l'IA dans l'éducation. « Il y a aussi un besoin de sensibilisation des élèves et des parents à ce sujet. »

Des formations à développer

À quelques semaines des épreuves du baccalauréat, les journées de formation sont désormais terminées. Mais Guillaume Romano espère les développer dès l'année prochaine. « Nous souhaiterions proposer une formation par niveau et par matière. Les enseignants en sciences n'ont pas les mêmes usages que ceux en lettres. Nous en discuterons avec la DENJS, qui nous donnera son feu vert pour prolonger ces formations. »