Gironde : une mobilisation syndicale contre les suppressions de postes enseignants
Trois syndicats enseignants se sont rassemblés jeudi 26 février devant le rectorat de l'académie de Bordeaux pour protester avec véhémence contre la suppression annoncée de 42 postes d'enseignants dans le premier degré en Gironde à la rentrée 2026. Les organisations CGT Éducation Gironde, SNUDI-FO 33 et Éducation 33 Solidaires ont brandi des drapeaux et dirigé leurs regards vers l'institution, exprimant leur colère face à ces mesures qui s'inscrivent dans une longue série de mobilisations tout au long de l'année scolaire.
Une multiplication par quatre des suppressions de postes
Le constat chiffré révèle une situation alarmante. Ces 42 suppressions de postes dans le premier degré en Gironde représentent une multiplication par quatre par rapport à l'année 2025, où la carte scolaire avait déjà entraîné la fermeture de plus de 100 classes dans le département, pour seulement 45 ouvertures. À l'échelle nationale, ce sont environ 4 000 professeurs qui sont concernés par ces réductions, sans compter les conseillers principaux d'éducation et autres personnels annexes.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, avait annoncé fin janvier une chute démographique significative de la population infantile, avec 150 000 élèves de moins attendus à la rentrée 2026. Cependant, les syndicats refusent catégoriquement que ce constat serve de justification aux suppressions de postes. « La baisse démographique aurait permis d'être plus serein, mais non, on se retrouve avec des classes de 31 élèves en petite section », dénonce avec force Tanguy Dassonville, cosecrétaire de la CGT Éducation 33.
Une contradiction locale pointée du doigt
Camille Tastet, secrétaire départementale du SNUDI-FO 33, souligne une contradiction frappante au niveau local : « La Gironde n'est pas un département avec une grosse baisse démographique et on est quand même parmi les académies les plus touchées par les suppressions de postes. » Cette situation crée un profond sentiment d'injustice parmi les enseignants et les syndicats, qui estiment que les décisions ne correspondent pas aux réalités territoriales.
Les élèves et enseignants en première ligne
Les élèves absorbent directement les conséquences de ces suppressions. « On fait fermer des classes et on engendre la surcharge d'autres. 40 élèves par classe, c'est trop pour garantir un enseignement de qualité », alerte avec gravité Amaury Confais, trésorier de Sud Éducation 33. Parallèlement, les profils des élèves se complexifient, avec davantage de jeunes en situation de handicap ou présentant des troubles comportementaux, sans que les moyens nécessaires soient déployés pour leur prise en charge adéquate.
Selon un rapport de la Cour des comptes, le nombre d'élèves en situation de handicap dans le premier degré d'enseignement a triplé entre 2006 et 2022, accentuant les défis pédagogiques. Les enseignants, quant à eux, témoignent de conditions de travail qui se dégradent inexorablement. « On parle de collègues qui se sentent aujourd'hui violentés psychologiquement et physiquement », confie le cosecrétaire de la CGT, révélant une détresse professionnelle croissante.
Une mobilisation qui porte ses fruits
En octobre 2025, selon la FSU, entre 84 et 92 % des personnels se déclaraient fatigués, désabusés ou inquiets pour l'avenir de l'école. Cependant, l'année dernière, la pression des mobilisations syndicales avait porté ses fruits selon les organisations : « 137 fermetures de classes étaient annoncées, 105 ont été effectives », rappelle Camille Tastet, démontrant l'efficacité de l'action collective.
L'intersyndicale entend donc poursuivre et intensifier son combat, déterminée à défendre la qualité de l'enseignement et les conditions de travail des professeurs. Cette mobilisation à Bordeaux s'inscrit dans un mouvement plus large de résistance face aux politiques éducatives jugées néfastes pour l'avenir des générations futures.



