Gard : deux microstructures pour les élèves « poly exclus »
Gard : microstructures pour élèves « poly exclus »

Christophe Mauny, directeur des services de l’Éducation nationale (Dasen) du Gard, a annoncé vendredi 18 septembre la création de deux microstructures destinées à accueillir les élèves « poly exclus », c’est-à-dire définitivement exclus de plusieurs établissements scolaires. Ces structures, ouvertes en collaboration avec les collèges Diderot (Nîmes) et Capouchiné (Alès), visent à offrir un accompagnement renforcé à des élèves de quatrième et troisième « qui se mettent en danger, s’agissant de leur insertion future », a souligné le haut fonctionnaire lors de sa conférence de presse de rentrée.

Un dispositif inédit pour des élèves de plus en plus jeunes

« Les élèves définitivement exclus de plusieurs établissements scolaires sont de plus en plus jeunes… Et, statistiquement, un élève qui serait exclu de son collège dès la sixième, court un risque très élevé de l’être à nouveau ailleurs dans les années suivantes », a alerté Christophe Mauny. Pour répondre à cette situation, les deux nouvelles structures accueilleront un effectif maximal de 7 à 8 élèves chacune, encadrés par une équipe pédagogique volontaire et un conseiller principal d’éducation dédié, éventuellement sur un demi-poste.

« L’objectif de cet accompagnement inédit et renforcé étant de tout mettre en œuvre pour redonner goût aux apprentissages. Mais aussi redonner à ces enfants confiance en eux, du moins sur le plan scolaire », a développé le Dasen. Ce dispositif s’inspire de ce qui existe déjà au sein de l’académie de Marseille, a-t-il précisé.

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Absentéisme en baisse de 10 % et lutte contre l’évitement scolaire

Lors de ce point presse, Christophe Mauny a également dressé un premier bilan de la rentrée 2026-2027, jugé « globalement positif ». Selon ses mots, « un professeur s’est bien retrouvé devant chaque élève, à de rares exceptions près et en raison de la non-présentation à leur poste, le jour même, de quelques professeurs ».

Autre motif de satisfaction : l’absentéisme des élèves aurait baissé de 10 % selon les données fournies par le Dasen. « Cette première victoire s’explique par un travail d’étroite collaboration entre l’Education nationale et les maires. Le dialogue renoué avec les familles, entre autres, a notamment permis de récupérer une centaine d’enfants du premier degré, de les ramener vers le système scolaire », s’est réjoui Christophe Mauny.

Par ailleurs, en collaboration avec la préfecture du Gard, le phénomène de l’évitement scolaire – cette tendance de certaines familles à scolariser leur enfant dans un autre établissement que celui de leur secteur – est désormais pris en compte, car il impacte considérablement la mixité sociale, a-t-il ajouté.

À Manduel, la directrice réintégrée après décision du tribunal

Le Dasen a également évoqué le cas de l’école maternelle Françoise-Dolto à Manduel. La nouvelle enseignante, qui devait occuper les fonctions de directrice, avait été placée en « congé d’office » par sa hiérarchie à la rentrée, après la mobilisation de parents inquiets de son arrivée, alors qu’elle est mise en cause pour des soupçons de maltraitance dans ses fonctions antérieures. Mercredi, le tribunal administratif de Nîmes a annulé en référé ce « congé d’office » et enjoint à la réintégration de l’enseignante.

« La décision du tribunal m’oblige. Un accompagnement particulier à ce retour dont les modalités sont en cours de finalisation, va être mis en place », a précisé Christophe Mauny. Jeudi matin, seuls 17 enfants (sur les 92 inscrits) avaient été présentés par leur famille à l’entrée de l’école, où l’inquiétude et la colère des parents d’élèves ne semblent pas près de se tarir.

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