La hausse des prix du carburant met les pompistes indépendants en grande difficulté. Jacques Vaysse, pompiste à Pont-de-Salars et président de la branche carburants à la fédération nationale de l’automobile, lance un appel à l’aide : « J’ai des collègues qui vont arrêter, ils ne peuvent plus suivre. » Il dénonce une marge fixe, des coûts de transport non couverts et une absence de considération de la part du gouvernement.
Une marge de 5 à 8 centimes par litre, quels que soient les prix
Interrogé par nos confrères de Midi Libre, Jacques Vaysse explique que sa marge est « comprise entre 5 et 8 centimes par litre », quel que soit le prix du carburant. En tant qu’indépendant, il achète « peu de volume en raffinerie » et ne peut donc pas négocier. Il ajoute : « En plus, là-dessus, on paie le transport ! Sur 40 litres, cela représente 2 € bruts. » Il conclut : « À ce stade, c’est du service public, voire du bénévolat. »
Actuellement, il vend le litre de gazole à 2,29 €, mais il arrive à la fin de sa cuve. « Je sais que forcément, lors de la prochaine commande, les prix seront en forte hausse. Le danger, c’est que, si les prix baissent entre-temps, on ne puisse plus écouler nos stocks, car on sera devenus trop chers. » Pour préserver sa clientèle locale, il a fait le choix de fermer la nuit et de proposer un prix attractif aux habitués.
Une baisse des taxes pour relancer la consommation
Pour améliorer la situation, Jacques Vaysse préconise une baisse des taxes par l’État. « D’autres pays comme l’Espagne et l’Italie l’ont fait et ça marche », affirme-t-il. Il souligne que l’État français récupère aujourd’hui « moins de recettes sur les carburants » car les prix élevés incitent à consommer moins. « La baisse des taxes relancerait la consommation », insiste-t-il, ajoutant : « Il faut redonner du pouvoir d’achat aux Français. En ce moment, certains font le choix entre le plein de leur frigo ou celui de leur voiture. »
Interrogé sur le plafonnement du litre de gazole à 2,25 € et du sans-plomb 95 à 1,99 € par Total, il réagit avec amertume : « Ils gèrent toute la ligne de production, ils font ce qu’ils veulent ! Et ils en profitent avec cette action pour faire de la com'. Nous, on fait partie de leurs clients et on ramasse les miettes. »
Des projections à 2,50 €, voire 3 € le litre
Selon certaines projections, le litre de gazole pourrait dépasser les 2,50 €, voire atteindre les 3 €. Jacques Vaysse confirme : « Oui, c’est possible. Des collègues vont fermer, ce n’est pas plus compliqué que ça. » Il déplore que les pompistes indépendants soient « les oubliés » : « On n’a pas été invités lors des dernières réunions gouvernementales sur le sujet. »
Lui-même s’en sort grâce à son activité de mécanique, mais « quelqu’un qui n’a que l’activité de pompiste, il ne peut pas tenir ». Il conclut : « Au final, celui qui est pénalisé, c’est celui qui travaille ! C’est le serpent qui se mord la queue. »
Des prix records en France et en Aveyron
Ce vendredi 18 septembre, selon l’observatoire de l’entreprise Roole, le prix moyen en France du litre de gazole était de 2,39 €, un plus haut niveau historique, dépassant le pic d’avril 2026 et celui de 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le sans-plomb 95 s’établissait à 2,197 €, battant également des records.
En Aveyron, selon la plateforme gouvernementale qui répertorie les tarifs à la pompe, 44 stations commercialisent le litre de gazole à plus de 2,40 €, et 15 adresses vendent le sans-plomb 95 à plus de 2,20 € le litre.



