Cannes : une centrale biomasse pour chauffer 5 560 foyers en 2027
Cannes : une centrale biomasse pour 5 560 foyers en 2027

La future centrale biomasse de Cannes La Bocca, dont la construction est en cours à quelques mètres du stade de Coubertin, doit fournir un nouveau réseau de chaleur aux quartiers de La Frayère, Ranguin et Bastide Rouge dès le printemps 2027. Ce projet, porté par l’agglomération Cannes Pays de Lérins et l’entreprise Idex, vise à proposer une énergie locale, décarbonée et écologique, sans aucun coût pour le contribuable cannois.

Un projet structurant pour les quartiers populaires

Lors de la visite de chantier du 14 septembre 2026, David Lisnard, maire de Cannes et président de l’agglomération Cannes Pays de Lérins, a souligné son attachement à ces visites : « j'aime les visites de chantier car on se rend compte de la réalité des opérations ». Le bâtiment, encore gris et massif, verra une cheminée haute de 24 mètres s’élever. Le réseau de chaleur s’étendra sur environ 8,7 km et desservira 5 560 foyers dans les quartiers de La Frayère, La Bocca, Ranguin et Bastide Rouge.

L’approvisionnement de la centrale sera assuré à 50 % par des plaquettes forestières issues de l’entretien des massifs forestiers régionaux, à 25 % par des sous-produits de scierie et à 25 % par des déchets verts provenant d’opérations d’élagage local. En hiver et lors des pics de consommation, du gaz d’appoint sera injecté pour garantir la fourniture d’énergie.

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Un geste pour le pouvoir d’achat et l’environnement

Ce projet intervient dans un contexte de hausse des tarifs du gaz (6,3 % au 1er octobre) et de records des prix de l’essence. David Lisnard a précisé : « Nous ciblons des prix de l’énergie au moins 15 % moins cher, et on espère 20 %. Nous faisons ici un geste pour le pouvoir d’achat des ménages, avec une opération écologique. » Il a également insisté sur le fait que la biomasse utilise des résidus de bois et non des arbres coupés spécifiquement pour l’énergie.

Le président de l’agglomération a aussi évoqué un autre enjeu : « Trouver un exutoire à la gestion des déchets verts. Nous avons beaucoup d’espaces verts que l’on entretient. C’est une source d’énergie écologique, et ce n’est pas de l’idéologie politique anti-humaine. » Il a reconnu la pénibilité des chantiers, mais a justifié l’action : « On ne peut pas décarboner si on n’agit pas. Nous, on agit. »

Un investissement de 22,4 millions d’euros, sans argent public

L’entreprise Idex, qui a remporté l’appel à projet, finance l’intégralité de la centrale, soit environ 22,4 millions d’euros. Aucun denier public ne sera investi, dans le cadre d’une délégation de service public de trente ans. Thomas Le Beux, directeur général d’Idex, a rappelé qu’en France, 50 % de l’énergie sert à chauffer et que deux tiers proviennent d’énergies fossiles. Il a conclu : « Un réseau de chaleur est une structure vivante. Cette centrale biomasse, finalement, suivra l’évolution du territoire. Alors, rendez-vous dans trente ans. »

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