Le directeur d'Agen suspendu, la tutelle invoque le principe de précaution
Directeur d'Agen suspendu, la tutelle évoque la précaution

Un directeur d'établissement scolaire à Agen écarté de ses fonctions

Le directeur de l'ensemble scolaire Félix-Aunac à Agen, institution accueillant 1 200 élèves de l'école primaire au collège, ne fera pas sa troisième rentrée à la tête de cet établissement. Comme révélé par l'Agence France-Presse ce mercredi 25 février, ce Gersois d'une soixantaine d'années, issu du réseau lasallien, a été suspendu de ses fonctions qui lui avaient été confiées en septembre 2024.

Un signalement à l'origine de la suspension

Cette décision fait suite à un signalement adressé au parquet de Bordeaux, émanant des enseignants de l'ensemble scolaire catholique Saint-Genès La Salle à Bordeaux. L'intéressé y avait résidé de 2017 à 2024, lorsqu'il occupait le poste de délégué de tutelle au sein du réseau des Frères des écoles chrétiennes, congrégation fondée par Jean-Baptiste de La Salle au XVIIe siècle.

Ce signalement, intervenu dans le cadre de l'article 40 du code de procédure pénale qui oblige tout fonctionnaire à signaler des crimes ou délits, fait état de comportements inappropriés commis au sein de l'établissement bordelais. Mis à pied à titre conservatoire, le directeur a été reçu ce lundi 23 février par sa tutelle dans le cadre d'un entretien préalable à un éventuel licenciement.

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La défense du directeur

Les avocats du directeur, Mes Édouard Martial et Victor Casellas, dénoncent un traitement infamant infligé à un homme qui assure ne rien avoir à se reprocher et qui se dit déterminé à défendre son honneur. Me Casellas insiste : Notre client n'est pas présumé innocent, il est innocent : aucune poursuite, aucune mise en examen, aucune garde à vue, rien.

L'avocat voit en son client un bouc émissaire et accuse la congrégation de chercher à se racheter une conscience en sacrifiant un homme innocent après des décennies de silence face à des agissements dans ses propres murs. La défense annonce son intention de saisir toutes les juridictions compétentes pour faire appliquer le droit français.

La position de la tutelle

Dans un courrier adressé aux parents d'élèves, le frère Vincent de Léglise, délégué de tutelle, explique les raisons de cette décision. Il précise que le frère visiteur-provincial Jean-René Gentric a mis fin à la mission de chef d'établissement par une lettre datée du 5 février 2026.

Cette décision fait suite à un signalement en justice porté à la connaissance de l'autorité de tutelle concernant l'exercice de fonctions précédemment occupées. Le frère Vincent de Léglise souligne que les éléments que nous venons d'évoquer ne concernent pas l'établissement La Salle - Félix-Aunac.

La tutelle justifie sa décision par la nécessité de préserver un climat de confiance et de sérénité au sein de la communauté éducative. Elle a pris cette mesure par principe de précaution afin de garantir le bon déroulement de la fin de l'année scolaire.

L'enquête en cours

Le parquet de Bordeaux a indiqué à l'AFP que l'enquête devra déterminer si les faits signalés relèvent d'une qualification pénale. Autrement dit, il s'agira d'établir si ces faits doivent faire l'objet de poursuites judiciaires ou non.

Cette affaire met en lumière les tensions entre la protection des institutions éducatives, les droits des personnes mises en cause et le principe de précaution appliqué dans le milieu scolaire. La suite des événements dépendra des conclusions de l'enquête judiciaire et des recours éventuels engagés par le directeur suspendu.

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