L'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) traverse une crise budgétaire inédite, avec un déficit estimé à 80 millions d'euros pour l'année 2026. Cette situation met en péril le réseau de 580 établissements scolaires français répartis dans 139 pays, qui scolarisent plus de 400 000 élèves, dont 60 % de nationaux.
Origines de la crise
Cette crise résulte d'une combinaison de facteurs : la baisse des subventions publiques, la hausse des coûts salariaux et la diminution des inscriptions dans certaines zones géoéconomiques. Selon un rapport interne de l'AEFE, les dépenses de personnel représentent 75 % du budget, et les charges ont augmenté de 12 % en deux ans.
Le gouvernement a annoncé une réduction de 15 % de sa contribution pour 2026, passant de 420 à 357 millions d'euros. Olivier Durand, directeur de l'AEFE, déclare : « Nous sommes confrontés à un choc sans précédent qui exige des réponses structurelles et immédiates. »
Mesures d'urgence envisagées
Pour faire face à la crise, l'AEFE prévoit un plan de restructuration incluant la fusion de certains établissements, la réduction des effectifs administratifs et une hausse des frais de scolarité. Une augmentation de 10 % des frais est proposée, ce qui suscite l'inquiétude des familles.
Les syndicats d'enseignants dénoncent des mesures « injustes et précipitées ». Marie Lefèvre, secrétaire générale du SNUEP-FSU, affirme : « Ces coupes budgétaires mettent en danger la qualité de l'enseignement français à l'étranger et pénalisent les élèves les moins favorisés. »
Réactions politiques
L'opposition parlementaire critique la gestion du gouvernement. Le député socialiste Jean-Marc Germain a interpellé le ministre des Affaires étrangères, soulignant que « l'excellence éducative française ne peut être sacrifiée sur l'autel de l'austérité budgétaire ». Le gouvernement défend sa position en invoquant la nécessaire maîtrise des dépenses publiques.
Conséquences à long terme
Si aucune solution durable n'est trouvée, le réseau risque une dégradation de son image et une perte d'attractivité. Selon une étude de l'Institut français des relations internationales (IFRI), « le réseau des lycées français est un levier d'influence majeur ; son affaiblissement aurait des répercussions diplomatiques et culturelles ». Les négociations se poursuivent pour trouver un compromis avant la rentrée scolaire de septembre.



