Le général Jean-Baptiste Rusca, dont le nom est inscrit sur l'Arc de triomphe à Paris, est né à La Brigue le 27 novembre 1759. Après des études de médecine à Turin, il a exercé dans les hôpitaux militaires entre Menton et Nice avant de rallier la cause révolutionnaire. Il est notamment connu pour avoir délivré La Brigue le 27 avril 1794 et pour être mort au combat lors du siège de Soissons le 14 février 1814.
Un parcours militaire exceptionnel
Jean-Baptiste Dominique Rusca, de son nom complet, a épousé la cause révolutionnaire en ralliant les Jacobins, ce qui lui a valu d'être banni de son pays. Grâce à son caractère impétueux et son aptitude à mener les hommes au combat, il est devenu chef de bataillon. Quelques jours après la délivrance de La Brigue, sa connaissance des lieux s'est révélée décisive lors de la prise de Saorge le 30 avril 1794.
Il a participé à la première campagne d'Italie, devenant général de brigade puis général de division avec l'armée de Naples. Bonaparte l'a nommé gouverneur militaire de l'île d'Elbe en 1801. En 1809, Napoléon l'a nommé baron d'Empire. Il est resté en disponibilité jusqu'en 1814, date à laquelle Napoléon l'a rappelé pour soutenir le siège de Soissons face à l'armée russe.
Des blessures et des victoires sur tous les fronts
Selon le site « Frenchempire », les champs de bataille de Jean-Baptiste Rusca sont nombreux : Crespia, Fluvià, Loano, Montenotte, San Giovanni, puis Dego, Ceva, Lodi et Salò, où il a été grièvement blessé à la cuisse gauche par deux balles. Il a également participé à la victoire du Monte Pagano, à l'attaque de Naples et à la bataille de la Trebbia, où il a été de nouveau blessé à la jambe et fait prisonnier. Il a ensuite combattu dans le Tyrol et remporté une victoire à Klagenfurt.
Une plaque commémorative apposée sur sa maison natale à La Brigue indique : « Rusca tombera en héros sous le feu ennemi le 14 février 1814 ». La France était alors opposée à la sixième coalition, composée du Royaume-Uni et de l'Empire russe, rejoints par le royaume de Prusse, la Suède, l'empire d'Autriche et plusieurs États allemands.
Un personnage controversé
Dans un article de la revue Nice historique publié en 1964 sous la plume de Maurice Dérot, on apprend que Rusca appartient à la « noble famille Baruchi » et descend des Lascaris. Son père et son grand-père étaient notaires. Il a épousé à Monaco une demoiselle Noaro ou Novaro, avec qui il a eu deux filles prénommées Lucrèce et Théopista.
Physiquement, Rusca était décrit comme une force de la nature mesurant près de 2 mètres. Un de ses compagnons d'armes a déclaré : « Avec son encolure de taureau, ses cheveux crépus et ébouriffés, sa barbe noire et sale comme ses cheveux, sa figure mauvaise, ce Rusca était terrible à voir ». Un autre a grincé : « Il s'était fait une réputation de bravoure mais sa bravoure était son seul mérite et sa mine, sa tournure et son jargon étaient plutôt celui d'un marchand d'orviétan que d'un officier général ».
Sa violence était célèbre. On montre encore sur la porte latérale de l'église paroissiale de La Brigue la trace d'un coup de sabre qu'il y donna dans un accès de fureur révolutionnaire. Dans la région de Modène, il se comporta « comme un soudard d'armée d'occupation réprimant durement les révoltes des patriotes italiens », selon Maurice Dérot.
Anticlérical mais donateur
Malgré ses opinions jacobines et son activité anticléricale, Rusca a fait don au sanctuaire de Notre-Dame-des-Fontaines d'une chasuble portant ses armes et sa devise : « Nil difficile volenti », qui signifie « Rien n'est difficile pour celui qui veut » ou « À cœur vaillant, rien d'impossible ».
À la nouvelle de sa mort, Napoléon aurait déclaré : « Il a bien fait de mourir, je l'aurais fait fusiller. » Aujourd'hui, son nom est gravé sur l'Arc de triomphe à Paris, et il est également honoré par une caserne à Nice et le collège de Saint-Dalmas de Tende, qui portent son nom.



