Le tribunal administratif de Lyon pourrait annuler les élections municipales de Vénissieux et Vaulx-en-Velin, deux bastions remportés par La France insoumise en mars dernier. Lundi, la rapporteure publique a préconisé l'invalidation de ces scrutins, acquis respectivement avec 25 et 104 voix d'écart, en raison d'irrégularités constatées sur d'autres listes. Cette recommandation, si elle est suivie par les juges, ferait tomber deux des conquêtes les plus emblématiques des Insoumis lors des municipales.
Des victoires fragiles à Vénissieux et Vaulx-en-Velin
À Vaulx-en-Velin, le député LFI Abdelkader Lahmar avait battu la sortante socialiste Hélène Geoffroy avec 104 voix d'avance. À Vénissieux, Idir Boumertit, également député LFI, avait conquis la mairie, un bastion communiste depuis des décennies, contre la sortante Michèle Picard, avec seulement 25 suffrages d'écart. Ces deux victoires, parmi les plus symboliques pour LFI, sont désormais menacées par la décision imminente du tribunal administratif de Lyon, qui a mis son jugement en délibéré à une date non précisée.
Des irrégularités sur d'autres listes en cause
Pour Vaulx-en-Velin, l'annulation de 693 bulletins en faveur d'une liste divers centre arrivée troisième au second tour est jugée de nature à remettre en cause la sincérité de l'ensemble de l'élection. La tête de liste Christine Bertin avait omis, de bonne foi, de mentionner la nationalité néerlandaise d'une colistière, comme l'impose le code électoral. Elle conteste cette annulation, arguant que la préfecture ne l'avait informée de cette irrégularité que quelques heures avant le second tour et n'avait pas fait invalider ces mêmes bulletins au premier tour. La magistrate a toutefois estimé qu'au regard du faible écart de voix, cela pouvait remettre en cause les résultats des deux tours.
À Vénissieux, ce sont des fausses déclarations de domiciliation de la tête de liste d'extrême droite RN-UDR, Quentin Taïeb, et de certains colistiers, avec une "intention frauduleuse" selon la rapporteure, qui sont en cause. Cette liste est arrivée en quatrième position au second tour avec 1 966 suffrages. La magistrate a également estimé qu'au regard du faible écart de voix entre les listes menées par Idir Boumertit et Michèle Picard, la sincérité de la totalité de l'élection était remise en cause.
Une décision attendue sous peu
Les juridictions administratives suivent, dans la plupart des cas, l'avis des rapporteurs publics. Après Saint-Denis et Roubaix, Vénissieux (65 000 habitants) et Vaulx-en-Velin (53 000) sont les troisième et quatrième plus grandes villes de France métropolitaine remportées par LFI en mars. Le tribunal administratif de Lyon a mis sa décision en délibéré à une date non précisée, mais l'annulation de ces scrutins pourrait entraîner de nouvelles élections dans ces deux communes de la banlieue lyonnaise.



