Le général Bertrand Gütter, commandant de l’École d’aviation légère de l’armée de terre (Ealat) depuis le 1er août 2026, a présenté les principaux dossiers de son mandat : l’arrivée de l’hélicoptère Guépard, le départ progressif des forces allemandes et la montée en puissance de la simulation et de la dronisation. Ces chantiers s’inscrivent dans un contexte de préparation à un conflit de haute intensité en Europe.
Un parcours opérationnel dense
Agé de 54 ans, le général Gütter a débuté sa carrière en 1988 à l’école nationale technique des sous-officiers d’active d’Issoire. Promu maréchal des logis en 1990, il a servi comme mécanicien sur hélicoptères au 9e régiment de soutien aéromobile à Phalsbourg de 1991 à 1995, avant d’intégrer l’École militaire interarmes de Coëtquidan.
Formé pilote d’hélicoptère de combat à partir de 1997, il a participé à de nombreuses opérations extérieures : Bosnie-Herzégovine en 2001, Asie du Sud-Est, Afghanistan, et plusieurs fois au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane. De 2010 à 2013, il a été adjoint puis chef de la section législation à la direction des ressources humaines de l’armée de Terre, puis conseiller militaire et manager d’opérations d’armement à la direction générale de l’armement de 2015 à 2017.
Préparer les pilotes de demain
Le général Gütter dirige la base école Lejeay au Cannet-des-Maures, ainsi que les écoles de Dax (Landes) et de Fassberg (Allemagne). Il entend poursuivre la transformation de l’apprentissage des pilotes de combat, tant sur le plan tactique que technologique. La devise de l’Ealat, « Erunt Aquilae, Ils deviendront des aigles », illustre l’importance de cette institution pour les stagiaires.
Parmi les priorités figure l’arrivée de l’hélicoptère Guépard, commandé par le ministère de l’intérieur. Sa mise en service débutera à l’été 2029, avec des formations prévues en 2028, leur préparation en 2027 et leur financement fin 2026. Par ailleurs, l’école devra augmenter ses capacités de simulation : sans simulateurs, il y aurait 50 % de vols en plus autour de la base du Cannet-des-Maures.
Gérer le départ des Allemands et la dronisation
Le général Gütter doit également gérer l’arrêt de la coopération franco-allemande dans le cadre du programme Tigre. Depuis l’annonce en 2024, de nombreux personnels allemands ont déjà quitté la base, et ce mouvement se poursuivra jusqu’en 2031. Les mécaniciens français installés à Fassberg seront rapatriés au Cannet-des-Maures, ce qui permet de maintenir l’activité.
La dronisation des conflits, accélérée par la guerre en Ukraine, est aussi un axe majeur. L’école travaille sur l’usage de drones en complément des hélicoptères, qui restent essentiels sur le terrain. Le général insiste sur la nécessité d’innover en continu, notamment via l’intelligence artificielle pour optimiser les ressources et les cours.



