Vols à répétition : les commerçants affichent les visages, une pratique illégale
Vols : l'affichage des visages par les commerçants, illégal

Excédés par les vols à répétition, de plus en plus de commerçants diffusent les images des malfaiteurs sur les réseaux sociaux ou les affichent en vitrine. Une pratique qui se répand, mais qui est illégale et expose les commerçants à des sanctions pénales.

Des exemples concrets à Lisieux, Groix et Mimizan

Le 4 septembre, la boulangerie-pâtisserie Maison Berthelot, à Lisieux (Calvados), a été victime d'un vol. Une femme a dérobé en pleine journée des matières premières, du pain, ainsi que le téléphone portable et la carte bancaire de la serveuse. Les caméras de surveillance ont filmé la scène. Les gérants ont alors diffusé le portrait de la voleuse présumée sur la page Facebook de la boulangerie et fourni les photos à la police, comme le rapporte Ouest-France.

Le même week-end, le magasin Intermarché de l'île de Groix (Morbihan) a posté sur les réseaux sociaux les photos de deux personnes soupçonnées de vols, en prenant soin de gribouiller leurs visages. Le mouvement gagne aussi les restaurateurs, de plus en plus nombreux à afficher le visage de clients partis sans régler la note. « Merci à ce monsieur au tee-shirt blanc d'être parti sans payer avec femme et enfants », a réagi, photo à l'appui, une restauratrice de Mimizan (Landes).

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Une pratique illégale au regard du Code pénal

Si beaucoup d'internautes saluent l'initiative et soutiennent les commerçants, la pratique, qui se veut dissuasive, est toutefois illégale. Selon l'article 226-1 du Code pénal, enregistrer ou diffuser le visage d'une personne sans son consentement constitue une atteinte à la vie privée et au droit à l'image. Le commerçant qui affiche son voleur peut être puni d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Le voleur présumé dont le portrait serait affiché pourrait également se retourner contre le commerçant et l'attaquer devant la justice pour atteinte à la présomption d'innocence ou diffamation, avec à la clé une nouvelle amende potentielle.

Le « name and shame » n'est pas une bonne idée

Contrairement aux pays anglo-saxons où la pratique est courante, le « name and shame » n'est donc pas une bonne idée pour les commerçants malgré le préjudice subi. En 2024, une proposition de loi portée par le député MoDem Romain Daubié avait voulu légaliser l'affichage des visages des voleurs présumés par les commerçants. Le texte a bien été déposé, mais il n'a toujours pas été débattu à l'Assemblée nationale.

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