Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a annoncé ce jeudi une accélération de la reconstruction de Mayotte, un an et demi après le passage dévastateur du cyclone Chido. Lors d'une conférence de presse à Mamoudzou, il a détaillé les priorités du gouvernement pour l'archipel, avec un objectif clair : rattraper le retard accumulé et répondre à l'urgence sociale et économique.
Un bilan toujours lourd
Le cyclone Chido, qui a frappé Mayotte le 14 décembre 2024, avait causé la mort de 39 personnes et fait près de 5 600 blessés, selon un bilan officiel. Les dégâts matériels avaient été estimés à plus de 2 milliards d'euros, touchant 100 % des habitations, dont 30 % ont été totalement détruites. Un an et demi plus tard, de nombreuses familles vivent encore dans des abris provisoires, et les infrastructures de base (eau, électricité, écoles) restent fragiles.
Les nouvelles priorités du ministre
Sébastien Lecornu a insisté sur la nécessité de "hâter" la reconstruction, en particulier dans les domaines du logement et des services publics. Il a annoncé la mise en place d'un "plan d'action renforcé" avec des objectifs précis : la construction de 3 000 logements provisoires supplémentaires d'ici la fin de l'année, la réouverture de 20 écoles avant la rentrée de septembre, et le rétablissement complet du réseau d'eau potable dans les trois prochains mois. Le ministre a également évoqué la création d'une "cellule de coordination unique" pour simplifier les procédures administratives et accélérer le déblocage des fonds.
Des financements et des critiques
Le gouvernement a déjà engagé 500 millions d'euros pour la première phase de reconstruction, mais les associations locales et certains élus dénoncent la lenteur des travaux. "Les promesses sont là, mais sur le terrain, les gens attendent toujours", a déclaré un porte-parole du collectif des sinistrés de Mayotte, cité par l'AFP. En réponse, Lecornu a rappelé que "la reconstruction d'un territoire comme Mayotte ne se fait pas en quelques mois", tout en reconnaissant que "la mobilisation doit être plus forte". Il a promis un point d'étape tous les trimestres, avec des indicateurs publics de suivi.
Un enjeu politique et social majeur
Au-delà de l'urgence matérielle, la reconstruction de Mayotte est devenue un enjeu politique majeur pour le gouvernement. Le ministre a souligné que "Mayotte est la France, et la France ne laissera pas Mayotte se reconstruire seule". Il a également évoqué la lutte contre l'immigration clandestine et la pression sur les services publics, deux sujets sensibles dans l'archipel. La visite de Lecornu intervient alors que le président de la République doit se rendre sur l'île dans les prochaines semaines pour constater l'avancement des travaux.



