La directrice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) de l’Aveyron, Anne Faurie-Herbert, s’est rendue à Brusque vendredi 21 août pour évaluer la situation de l’école, fermée depuis 2024, et les possibilités de réouverture. Accueillie par le maire Jean-François Majorel, elle a rencontré les élus locaux et proposé une réflexion sur un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) décentralisé pour répondre à la demande des familles.
Une visite suite à un courrier du maire
Cette visite faisait suite à un courrier adressé par Jean-François Majorel à Anne Faurie-Herbert. Étaient également présents Claude Chibaudel, maire de Cénomes, sa première adjointe Danielle Biau-Girard, ainsi que Cyril Touzet, président de la communauté de communes et maire de Camarès. Sur place, la DASEN a souhaité prendre connaissance de la situation de l’école et échanger avec les élus sur les difficultés rencontrées par les communes rurales en matière de maintien des établissements scolaires.
Une demande pour une école de proximité
Selon la municipalité, plusieurs familles ont d’ores et déjà manifesté leur volonté de scolariser leurs enfants à Brusque si une classe venait à rouvrir. « Ces manifestations d’intérêt traduisent une véritable demande pour une école de proximité, au cœur du village et du lieu de vie des familles », souligne la municipalité. Face à cette demande, Anne Faurie-Herbert a proposé de réfléchir à la mise en place d’un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) décentralisé. Le principe permettrait à sept communes, Brusque, Montagnol, Fayet, Mélagues, Arnac-sur-Dourdou, Tauriac-de-Naucelle et Sylvanès, de mutualiser leur organisation scolaire tout en maintenant, autant que possible, une présence scolaire dans plusieurs villages.
Un message important pour le territoire
La DASEN a également proposé de réunir prochainement les maires des communes concernées afin que les élus puissent échanger collectivement sur les différentes possibilités et travailler à la construction d’une solution commune. « Cette proposition constitue un message important pour l’ensemble du territoire. Il apparaît indispensable que les communes et les familles ne raisonnent plus uniquement à l’échelle de leur propre village, mais puissent également penser ensemble l’avenir scolaire de l’ensemble du territoire rural », estime la municipalité.
Des écoles rurales confrontées à la baisse des effectifs
La situation de Brusque n’est pas isolée. Plusieurs communes de l’Aveyron sont aujourd’hui confrontées aux mêmes difficultés : baisse démographique, diminution du nombre d’enfants scolarisés et, par conséquent, risque de fermeture de classes ou d’écoles. « Dans le département, le nombre d’enfants scolarisés diminue de plus de 300 élèves chaque année. Cette évolution, qui se confirme également à l’échelle nationale, pèse mécaniquement sur les effectifs des écoles rurales et rend les situations de fermeture de plus en plus fréquentes », précise la municipalité de Brusque.
Des exemples locaux de mobilisation
Ces derniers mois, la commune de Saint-Laurent-d’Olt a elle aussi été confrontée à cette problématique. En mars 2026, l’Éducation nationale avait annoncé la fermeture d’une des deux classes de l’école à la rentrée. Après la mobilisation des parents d’élèves, un demi-poste a finalement été maintenu. Un nouveau comptage des effectifs doit être réalisé en septembre. À Cénomes, la mobilisation locale a également permis de faire évoluer la situation. La mairie a notamment travaillé à la mise en place d’un transport scolaire municipal. Une initiative qui a contribué à faire progresser les effectifs de l’école, passés d’une période où ils ne comptaient que cinq ou six élèves à un maximum de 27.
Un « signal encourageant » pour Brusque
Pour la municipalité de Brusque, la venue de la DASEN constitue donc « un signal encourageant » et justifie que la situation de l’école puisse être réexaminée. Un nouveau rendez-vous est d’ores et déjà prévu avec Anne Faurie-Herbert afin de faire un point sur l’évolution des effectifs au quatrième trimestre 2026. Si une éventuelle réouverture ne peut, au mieux, intervenir qu’à la rentrée 2027, la municipalité veut désormais croire qu’une nouvelle page peut s’écrire pour l’école de Brusque.



