Le parapente biplace au-dessus du mont Lachens, dans le Var, offre une expérience mêlant adrénaline et contemplation. Testé pour vous avec le club Lachens Vol Libre, le vol dure 45 minutes et inclut des manœuvres spectaculaires comme des 360° et une prise de commandes par le passager, le tout dans un cadre naturel exceptionnel.
Un départ sous le signe de l'appréhension
À la Roque Esclapon, au pied du mont Lachens, l'équipe se compose de Serge, le pilote, Philippe (Philou), Frank, le photojournaliste, et Rafael, qui arrive en moto. L'attente est ponctuée d'anecdotes sur des accidents récents, ce qui n'aide pas à la confiance. Serge rassure : « T'inquiète pas, nous on prend pas de risque, on respecte toutes les précautions. »
Le rendez-vous a été reporté plusieurs semaines à cause de la météo capricieuse. Une fois Rafael arrivé, tout le monde monte dans la camionnette en direction du col. Les virages serrés de la petite route mènent à une manche à air, indiquant le camp de saut. La règle d'or : décoller face au vent. Deux types de vols sont possibles : le vol en ascendance thermique, utilisant les bulles d'air chaud, et le vol laminaire, porté par le vent de pente.
L'équipement et le décollage
En haut du mont, une bourrasque décoiffe la journaliste. Frank taquine : « On ne va quand même pas la faire sauter avec ce vent… » L'équipement se compose d'un gros sac sur le dos et de sangles nouées autour du ventre et des cuisses. Serge explique le rôle du passager : « Quand la voile se gonfle, tu vas être tirée vers l'arrière. Résiste avec tes jambes. » Le décollage se passe comme prévu, avec une résistance difficile, mais Serge rattrape le coup. En parapente, on ne dit pas « sauter », mais « décoller ».
À cause des fortes chaleurs, les conditions n'étaient pas idéales et la pratique était fortement déconseillée. Serge, le moniteur, n'avait pas pris les airs depuis un mois.
Un vol entre paysages et sensations
Une fois dans les airs, les peurs s'envolent. Le paysage est un tableau tricolore : le bleu du ciel, le vert des collines, le marron des villages minuscules. Serge commente chaque étape avec un vocabulaire spécifique, comme « Vent de cul t'es foutu », désignant un vent arrière dangereux pour l'atterrissage. Le vol traverse une bulle thermique, une poche d'air chaud qui propulse vers le haut. Serge explique : « C'est pour ça qu'on ne vole pas en pleine canicule. Avec les fortes chaleurs, ce serait carrément les montagnes russes, comme si on était une grosse bulle dans une marmite d'eau en ébullition. »
Serge utilise un variomètre pour détecter les bulles thermiques et anticiper les variations du vent. L'appareil émet des sons différents selon les mouvements de l'air, indiquant quand prendre ou perdre de l'altitude.
La folie des commandes et l'atterrissage
Le vol n'est pas qu'une balade tranquille. Serge propose une balançoire, des 360°, des inclinaisons à gauche et à droite, puis tend les deux commandes au passager. « Allez, à ton tour ! » Les mains tremblantes, la journaliste s'agrippe aux ficelles, tire d'un côté puis de l'autre, et devient officiellement pilote de parapente. Après 45 minutes de vol, retour sur la terre ferme. Les jambes sont peu convaincantes, mais l'envie de repartir est immédiate.
Pour rejoindre les bénévoles du club ou voler en biplace, il faut se rendre sur le site de Lachens en Vol Libre. Les pilotes passionnés volent de janvier à janvier.



